Sept membres du parti d'extrême-droite allemand AfD qui comptaient se présenter aux élections municipales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le 14 septembre prochain, ont perdu la vie ces dernières semaines, suscitant de nombreuses spéculations outre-Rhin. Voici ce que l'on sait.
Y a-t-il un complot contre les candidats de l'AfD ? C'est en tout cas une thèse qui prend de l'ampleur en Allemagne. Alors que des élections municipales vont avoir lieu le 14 septembre dans le Länder de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans l'ouest du pays, sept membres du parti d'extrême-droite ont perdu la vie.
Parmi eux, les candidats Ralph Lange, Wolfgang Klinger, Stefan Berendes, Hans-Joachim Kind et Wolfgang Seitz, âgés de 59 à plus de 80 ans, ainsi que deux suppléants placés sur des listes de réserve dont l'identité n'a pas été révélée, sont décédés en l'espace d'une quinzaine de jours.
Aucun décès suspect selon la police
La survenance de ces drames, dans un laps de temps relativement court, a immédiatement alimenté les suspicions sur les réseaux sociaux. Alice Weidel, la cheffe de l'AfD, a elle-même repris sur X une affirmation de l'économiste Stefan Homburg qui a déclaré que ces morts étaient «statistiquement impossibles», alimentant des théories complotistes.
Vier AfD-Kandidaten gestorben. https://t.co/i9is9Dnya5
— Alice Weidel (@Alice_Weidel) August 31, 2025
Pourtant, les rapports de police ne font état d'aucune preuve de l'intervention d'un tiers dans les décès des quatre candidats concernés, qui seraient tous morts de causes naturelles. Concernant les suppléants, l'un s'est suicidé et l'autre a succombé à une insuffisance rénale provoquée par une maladie hépatique, selon les informations du média allemand Der Spiegel.
D'autres partis politiques concernés
Par ailleurs, Kay Gottschalk, député et numéro deux de l'AfD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a reconnu auprès du podcast Berlin Playbook de Politico et cité par la BBC que les informations en sa possession «ne confirment pas» l'existence d'actes criminels ciblés contre les membres de son parti.
Néanmoins, l'élu a ensuite déclaré vouloir mener une enquête interne sur ces affaires «sans tomber immédiatement dans le complotisme». «Je dis toujours : la confiance, c'est bien, le contrôle, c'est mieux», a-t-il ajouté.
Surtout, l'AfD n'est pas la seule formation politique concernée par la mort de certains de ses candidats : les Verts et les sociaux-démocrates du SPD ont également perdu l'un de leurs membres ces dernières semaines, là encore de causes naturelles selon les forces de l'ordre.
Si rien n'indique que le nombre de décès a augmenté de manière significative avant les élections, ces derniers ont tout de même un impact sur le scrutin, puisque de nombreux bulletins de vote doivent être réimprimés en urgence, sous peine d'invalidité.