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«Aucun pays n'a été aussi généreux que le Pakistan, on décide de qui reste sur notre sol» : après l'expulsion d'Afghans, Islamabad répond sèchement à l'ONU

Le séisme qui a frappé l’Afghanistan a fait plus de 2.200 victimes. [© STRINGER / AFP]

Le Pakistan a défendu vendredi sa décision d’expulser des milliers d’Afghans sans papiers, malgré l’appel de l’ONU à suspendre ces mesures après le séisme meurtrier qui a fait plus de 2.200 morts en Afghanistan ce lundi.

Les expulsions continuent malgré la tragédie. «C'est notre territoire et on décide de qui reste sur notre sol», a lancé vendredi le porte-parole de la diplomatie pakistanaise, après que l'ONU a demandé à Islamabad de suspendre les expulsions d'Afghans vers leur pays qui vient de vivre le séisme le plus meurtrier de son histoire récente.

«Aucun pays n'a été aussi généreux que le Pakistan. Cela fait plus de 50 ans. Nous disons que tous ceux qui n'ont pas de papiers doivent partir (...) c'est ce que ferait n'importe quel pays», a déclaré Shafqat Ali Khan, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Lundi, seulement quelques heures après le séisme meurtrier qui a frappé l’Afghanistan et fait plus de 2.200 victimes, le Pakistan a durci sa politique migratoire. Les autorités ont enclenché une nouvelle phase de leur campagne d’expulsions, contraignant cette fois des milliers d’Afghans à quitter le pays, y compris ceux qui possèdent pourtant une carte officielle de réfugié délivrée par l’ONU.

«tous ceux qui n'ont pas de papiers doivent partir (...) c'est ce que ferait n'importe quel pays»

Mardi, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits humains en Afghanistan Richard Bennett avait exhorté le Pakistan «à au moins suspendre les expulsions prévues», un «geste de voisin compatissant». 

Mercredi, c'est le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, qui avait demandé au Pakistan «compte tenu des circonstances (...) qu'il suspende la mise en oeuvre du Plan de rapatriement des étrangers illégaux».

Quelque 270.000 migrants de retour du Pakistan s'étaient très récemment installés dans les trois provinces ravagées, toutes frontalières du Pakistan, rapporte l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L'agence onusienne dit redouter «une pression sur des ressources déjà limitées et une augmentation des risques secondaires pour ces communautés, comme des épidémies nées de la promiscuité et du manque d'hygiène».

De nombreux sinistrés, notamment dans le district de Nourgal, le plus touché de l'est afghan, ont rapporté à l'AFP avoir tout juste commencé à reconstruire leur vie en Afghanistan quand la terre a tremblé dimanche.

Le Pakistan n'est pas le seul pays à renvoyer en masse les Afghans, l'Iran mène aussi une campagne d'expulsions et, ensemble, ils ont déjà poussé au retour plus de quatre millions d'Afghans. Pour nombre d'entre eux, l'ONU s'alarme de «retours forcés».

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