Ce samedi 13 septembre, des touristes ont empêché des migrants d’accoster sur une plage de l’île grecque de Gavdos. Une scène étonnante, qui s’inscrit dans un contexte où la Grèce durcit ses lois migratoires.
La mer Méditerranée, scène d’un refus inédit. Sur la petite île de Gavdos, près de la Crète (Grèce), des vacanciers ont tenté d’empêcher un bateau de migrants de débarquer sur la plage de Sarakiniko, ce samedi 13 septembre. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, on distingue plusieurs baigneurs, l’eau à hauteur des hanches, en train de pousser l’embarcation.
À son bord, une soixantaine d’hommes demandeurs d’asile et originaires de Libye qui tentaient de fuir leur pays. Le ministre grec de l’Immigration et de l’Asile, Thanos Plevris, tout en promettant la prise en charge des migrants, a assuré que «dans deux ou trois jours, tout le monde aura quitté l’île».
Λουόμενοι στο Σαρακήνικο, στη βόρεια Γαύδο, σπρώχνουν βάρκα με μετανάστες που επιχείρησε να προσεγγίσει την ξηρά. #γαυδος#μεταναστες#λιβυη#gavdos#refugees#tovimapic.twitter.com/VscQRFBmHP
— ΤΟ ΒΗΜΑ (@tovimagr) September 16, 2025
La lutte du gouvernement grec face à la recrudescence d’arrivées libyenne
Situé juste en face de la Libye, le sud de la Grèce fait face à de nombreux flux migratoires. Depuis le début de l’année, c’est plus de 7.300 migrants qui sont arrivés sur l’île de Gavdos et de Crète, un chiffre en nette hausse par rapport à 2024 et ses 4.935 migrants.
Cet incident intervient alors que la Grèce adopte une ligne plus ferme en matière de migration. Début septembre, le Parlement grec a adopté une nouvelle loi afin de durcir les peines pour les demandeurs d’asile déboutés et accélérer les processus de retour. Pour les migrants arrivant de pays jugés comme sûrs, ces derniers peuvent encourir une peine de prison allant jusqu’à 24 mois et une amende de 10.000 euros.
Déjà en 2020, en pleine crise migratoire, Athènes avait suspendu temporairement le traitement des demandes d’asile en provenance de Turquie, alors que des milliers de personnes tentaient de franchir la frontière gréco-turque pour rejoindre l’Union européenne. Plus récemment, le 9 juillet 2025, le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, a décrété une suspension de trois mois de l’examen des demandes provenant de migrants arrivés par voie maritime en provenance d’Afrique du Nord.