Seize plates-formes numériques, dont WhatsApp et Twitch, sont aussi dans le viseur du régulateur. Une loi pourrait leur interdire l’accès aux mineurs de moins de 16 ans d'ici à la fin de l’année.
La pression s’intensifie sur les géants des réseaux sociaux. En Australie, plusieurs plates-formes sont désormais obligées de justifier leur fonctionnement pour éviter une interdiction d’accès aux adolescents. Après TikTok, Facebook ou encore X, 16 autres services pourraient être concernés par une interdiction aux moins de 16 ans. Ce mercredi 24 septembre, la commissaire à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, a demandé à ces plates-formes de présenter leurs arguments pour une éventuelle exemption.
L’Australie, l’un des pays en pointe sur la régulation d’Internet, a adopté fin 2024 une loi interdisant les réseaux sociaux pour les plus jeunes. Sans toutefois préciser les modalités de ce contrôle qui doit s'appliquer à la fin de l’année, la Commission à la sécurité en ligne pourra infliger des amendes allant jusqu'à près de 28 millions d'euros (49,5 millions de dollars australiens) aux entreprises en infraction.
Un large éventail de plates-formes ciblées
La Commission se focalisera d'abord sur les plates-formes avec le plus grand nombre d'utilisateurs. WhatsApp (Meta), le mastodonte du streaming en direct Twitch, son concurrent Kick, les services de jeux vidéo Steam et Roblox, le forum Reddit ou encore le site de partage d'images Pinterest, sont donc concernés. Même si certains cas sont «assez clairs» pour Mme Inman Grant, cette dernière a affirmé, sur la chaîne publique ABC, son devoir de «tous les écouter».
Néanmoins, certains des accusés se font déjà entendre, à l’image de Roblox, qui conteste faire partie des plates-formes visées. Son porte-parole a insisté sur le fait que cette application, qui propose de créer des jeux vidéo et d'y jouer, n'était pas un réseau social et de ce fait ne devrait pas être visée par la mesure. «Nous interdisons aux utilisateurs de télécharger des photos ou des vidéos du monde réel, de partager des actualités», a-t-il déclaré auprès de l’AFP.
Et même si ce dernier assure avoir finalisé son auto-évaluation auprès de la Commission, Roblox a déjà accepté de vérifier l'âge de ses utilisateurs pour protéger les enfants d'éventuels prédateurs et s'engage à prendre des mesures d'ici à fin 2025.
D’autres mesures de protection doivent aussi entrer en vigueur dans les prochains mois, notamment contre les contenus «légaux mais horribles», comme la pornographie ou les intelligences artificielles diffusant des messages à caractère sexuel.