Washington envisage de livrer à Kiev des missiles de croisière Tomahawk, capables d’atteindre des cibles à plus de 1.600 kilomètres. Un saut de puissance militaire qui, s’il se confirme, pourrait renforcer la force de frappe ukrainienne et accentuer la pression sur Moscou.
C’est une annonce qui pourrait rebattre les cartes. Les États-Unis préparent une nouvelle étape dans leur soutien à Kiev. Washington va fournir des renseignements précis à l’armée ukrainienne pour cibler les infrastructures énergétiques russes, d'après l'agence Reuters. Et la Maison Blanche envisage désormais d’aller plus loin : livrer les célèbres missiles de croisière Tomahawk.
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Wall Street Journal reports Trump is considering providing Tomahawk cruise missile to Ukraine according to a senior U.S. official & a senior European official briefed on the plans by the White House
Tomahawk has a range of nearly 2000 km (many refineries within range) pic.twitter.com/q69t7vHOxd— Visegrád 24 (@visegrad24) September 26, 2025
Le missile est un poids lourd d’1,3 tonne, long de 5,5 mètres, équipé d’une voilure repliable, capable de voler à basse altitude pour échapper aux radars. Il dispose d’une vitesse subsonique, autour de 600 km/h, et peut, grâce au GPS, à la navigation inertielle et à des systèmes de reconnaissance du terrain, frapper à quelques mètres près.
Avec une portée de 1.600 kilomètres à 2.000 km, soit cinq à six fois plus que les Scalp français déjà utilisés par Kiev, ces missiles américains ont déjà fait leurs preuves. En effet le Pentagone les a déjà employés à plusieurs reprises, en Irak, en Syrie et, plus récemment, contre des installations en Iran.
L’ogive équipée sur le missile peut varier : charge explosive classique, version pénétrante pour les bunkers ou même ogive thermonucléaire. De plus, le missile peut être tiré depuis un sous-marin, voire depuis la terre ferme. Autrement dit, c'est une arme polyvalente, difficile à intercepter et conçue pour des frappes chirurgicales.
Reste la question du prix : entre 1,5 et 2,5 millions de dollars l’unité, selon les versions de ce dernier. Bien que très onéreux, il s’agit surtout d’un investissement stratégique. En effet, un seul tir peut neutraliser une base aérienne ou un dépôt de munitions. Une puissance de frappe qui pourrait changer radicalement les capacités de l’armée ukrainienne.
«Mettre la pression sur Poutine»
Pour l’instant, Donald Trump n’a pas donné son feu vert. Mais il s’est dit ouvert à cette option lors de son dernier échange avec Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien, lui, voit déjà l’effet psychologique : «Si nous les obtenons, cela suffira à mettre la pression sur Poutine», a-t-il confié au média américain Axios.
Sur le terrain, Kiev multiplie les frappes de drones contre les raffineries russes. D’après le Moscow Times, la production d’essence a chuté d’un million de tonnes en septembre. Moscou a dû imposer des restrictions de carburant, notamment en Crimée.
Selon le quotidien économique russe Kommersant, la Russie manquerait désormais de 400.000 tonnes d’essence, soit 20 % de son approvisionnement mensuel.