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La Cour suprême américaine examine l'interdiction des «thérapies de conversion» pour mineurs LGBT+

La Cour suprême américaine a rendu plusieurs décisions défavorables aux personnes LGBT+ ces derniers mois. [Kevin Lamarque / REUTERS]

La Cour suprême des Etats-Unis va se pencher ce mardi sur l'interdiction des «thérapies de conversion» pour les mineurs LGBT+, qui visent à modifier leur orientation sexuelle dans le but de leur imposer l'hétérosexualité.

Une affaire qui symbolise les fractures de la société américaine. La Cour suprême américaine va examiner à partir de ce mardi la constitutionnalité d'une loi adoptée par l'Etat progressiste du Colorado, qui interdit les «thérapies de conversion» pour les mineurs depuis 2019, au motif que ces pratiques sont nocives et inefficaces.

Ces dernières, dont l'objectif est de modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne dans le but de lui imposer l'hétérosexualité, sont interdites dans de nombreux pays et «assimilables à de la torture», selon un rapport présenté au Conseil des droits de l’homme de l'ONU en 2020.

Atteinte au Premier amendement ? 

Mais une conseillère psychologique du Colorado, invoquant sa foi chrétienne, a contesté en justice cette loi, affirmant qu'elle violait le Premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression.

Déboutée en première instance puis en appel, Kaley Chiles a saisi la Cour suprême à majorité conservatrice, qui a donc accepté d'examiner ce dossier lors de sa prochaine session, qui débute ce mardi.

«En pleine crise de la santé mentale, beaucoup de mineurs souffrant de dysphorie de genre (la souffrance vécue par les personnes dont l'identité de genre ne correspond pas à leur sexe, ndlr) recherchent l'accompagnement psychologique que Kaley Chiles voudrait apporter», ont assuré les avocats de la conservatrice Alliance Defending Freedom (ADF).

«Ils veulent de l'aide pour mettre en adéquation leur esprit et leur corps, plutôt que de tenter des interventions médicales expérimentales et risquer des dommages permanents», ont-ils fait valoir afin de convaincre la Cour suprême de se pencher sur le dossier en mars dernier.

Le Colorado défend une mesure de protection des mineurs

Mais le Colorado défend le bien-fondé de la législation, soulignant qu'une vingtaine d'autres Etats américains ont adopté des interdictions comparables et les risques accrus de «détresse psychologique, de pensées suicidaires et de tentatives de suicide» pour les personnes ayant subi des «thérapies de conversion».

Les avocats de l'Etat reprochent également à Kaley Chiles de soutenir que «l'accompagnement par les professionnels de santé mentale de leurs patients n'est pas différent d'une discussion avec un colocataire à l'université, de sorte que ces deux types d'interactions recevraient la même protection en vertu du Premier amendement».

Lui donner raison «saperait la capacité des Etats à protéger les patients et les clients de comportements nocifs de la part de professionnels de santé», ont-ils mis en garde.

Si rien ne présage de la décision de la Cour suprême, sa composition, majoritairement conservatrice, et ses dernières décisions, peuvent donner des indices : en mai dernier, elle avait autorisé Donald Trump à exclure les personnes transgenres des forces armées, avant de donner raison à des parents refusant d'exposer leurs enfants à des livres LGBT+ à l'école en juin.

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