Le président américain Donald Trump a assuré avoir mis à exécution sa menace de licencier des fonctionnaires à la suite du blocage budgétaire. Ce dernier entre ce lundi dans sa troisième semaine, sur fond de tensions entre élus républicains et démocrates.
Le gouvernement américain a commencé à licencier des milliers de fonctionnaires, une décision inédite dans l’histoire récente du pays. En pleine paralysie budgétaire, Donald Trump assume cette offensive contre une administration qu’il juge «trop proche des démocrates».
Le gouvernement américain a commencé à licencier des fonctionnaires, concrétisant une menace brandie depuis plusieurs jours par Donald Trump pour faire plier les démocrates et tenter de sortir du blocage budgétaire.
The RIFs have begun.
— Russ Vought (@russvought) October 10, 2025
Les États-Unis s’enfoncent dans une troisième semaine de «shutdown», sans issue en vue. Le directeur du Budget de la Maison Blanche, Russ Vought, a confirmé sur X que les «réductions d’effectifs avaient commencé» dans la fonction publique fédérale.
Selon un document judiciaire publié en Californie, plus de 4.000 agents, issus de sept ministères différents, ont déjà reçu un avis de licenciement.
des proches des démocrates visé par ces licenciements ?
«Il y en aura beaucoup, et cela va viser ceux proches de démocrates, car nous estimons qu’ils sont la cause de la paralysie budgétaire», a lancé le président américain.
Toutes les personnes concernées ont été désignées comme non essentielles à leurs services. Le texte justifie ces coupes par la nécessité de mettre fin à une «bureaucratie hypertrophiée» héritée de l’ère Joe Biden. Les suppressions de postes concernent notamment les ministères de l’Éducation, des Finances et de la Santé.
Le puissant syndicat AFL-CIO a saisi un tribunal fédéral pour tenter d’arrêter ces renvois. Il dénonce une décision «arbitraire et politique», alors que le gouvernement Trump cherche à réduire massivement la fonction publique depuis son retour au pouvoir en janvier.
Depuis le 1er octobre, date du début du blocage budgétaire, des centaines de milliers de fonctionnaires sont en congé forcé, leurs postes jugés non essentiels.
«CHAOS DÉLIBÉRÉ» SELON L’OPPOSITION
«Russell Vought vient de licencier des milliers d’Américains d’un simple tweet», a dénoncé Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat. «Personne ne les force à faire cela. Ils choisissent sans pitié de nuire à des travailleurs qui protègent notre pays», a-t-il ajouté.
Même dans le camp républicain, la sénatrice Susan Collins s’est dite, sur X, «fermement opposée» à ces licenciements «injustifiés» qui provoquent des pénuries de personnel au détriment des services publics.
UNE PURGE ADMINISTRATIVE ASSUMÉE
Le Congrès reste paralysé. Les républicains veulent prolonger le budget actuel, quand les démocrates exigent de maintenir certaines subventions sociales.
Pendant ce temps, plus de 2,3 millions de fonctionnaires et 1,3 million de militaires ne sont plus payés. Ces derniers devraient manquer leur première solde mercredi, accentuant la pression sur le Congrès et la Maison Blanche.
Depuis janvier, Donald Trump a mène une offensive frontale contre la bureaucratie, soutenu un temps par Elon Musk et sa Commission à l’efficacité gouvernementale (DOGE). Licenciements secs, suppressions d’agences, incitations au départ, la «guerre» contre l’administration fédérale est bel et bien lancée.
Russell Vought, chef du Budget et stratège de cette offensive, revendique même vouloir provoquer des «traumas» chez les fonctionnaires pour reprendre le contrôle de l’État.
Avec cette nouvelle vague de licenciements, le «shutdown» plonge un peu plus Washington dans le chaos, symbole d’un affrontement politique sans précédent entre la Maison Blanche et le Congrès.
Le «shutdown» en cours est encore loin du record. Entre décembre 2018 et janvier 2019, déjà sous Donald Trump, le précédent blocage s'était étalé sur 35 jours.