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Colombie : pourquoi le pays se retrouve-t-il dans le collimateur de Donald Trump ?

Le ton ne cesse de monter entre la Colombie et les Etats-Unis. [© REUTERS]

Les Etats-Unis ont décidé d'adresser plusieurs sanctions au président colombien Gustavo Petro, ainsi qu'à son fils, sa femme et son ministre de l'Intérieur. Donald Trump leur reproche notamment de ne pas lutter assez contre la production de cocaïne dans le pays. 

Le pays sud-américain dans le viseur des Etats-Unis. Donald Trump et son gouvernement accusent notamment certaines figures colombiennes de participer à un «empoisonnement des Américains».

Le gouvernement américain a ainsi décidé de geler l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes visées par ces accusations et de leur interdire de faire affaires avec les entreprises américaines. 

Plus frappant encore, le pays a décidé de ne plus les autoriser à utiliser le dollar dans leurs transactions.

Les Etats-Unis soulignent l'échec de la politique de la «paix totale»

En première ligne, le président Gustavo Petro est critiqué pour sa politique de «paix totale» qui consiste à pardonner les membres des organisations de guérillas datant des années 1980 et 1990 en Colombie ainsi que certains anciens membres de groupes de narcotrafiquants. 

Sur X, le chef d'Etat, au pouvoir depuis le 7 août 2022, défend sa gestion : «Lutter contre le trafic de drogue depuis des décennies et avec efficacité m’a mené à cette mesure prise par un gouvernement dont nous avons aidé le pays à réduire la consommation de cocaïne».

Dans un communiqué publié par le secrétaire du Trésor des Etats-Unis, Scott Bessent, ne partage pas ce point de vue. Pour lui, «depuis l’entrée en fonction du président Gustavo Petro, la production de cocaïne dans le pays est remontée aux niveaux record des dernières décennies». En outre, il accuse cette production de «se déverser» aux États-Unis et d'avoir comme conséquence d'«empoisonner les Américains».

Dans cette affaire internationale, le président colombien n'est pas le seul concerné. Le gouvernement de Donald Trump a également ciblé certains de ses proches. Nicolas Petro, fils du président, est ainsi visé en tant qu’«héritier politique» et est accusé d'«enrichissement personnel et blanchiment d’argent».

Avant la question du trafic, celle de l'immigration

De leur côté, Veronica Alcocer, Première dame de Colombie et Armando Benedetti, ministre de l'Intérieur depuis février 2024, ont également fait l'objet de sanctions, sans précision quant à leur rôle supposé.

Avant d'évoquer le narcotrafic colombien dont souffrent les Etats-Unis, Donald Trump avait déjà reproché à Bogota sa gestion des flux migratoires en direction de l'Amérique du nord, et notamment des son pays. Le gouvernement de Gustavo Petro avait notamment refusé de laisser atterrir sur son sol un avion militaire américain transportant des Colombiens expulsés. L'appareil a été renvoyé vers les Etats-Unis.

En pleine opération contre les trafiquants de drogue dans la région des Caraïbes, notamment contre le Vénézuela, les Etats-Unis ont par la suite été vivement critiqués par Gustavo Petro, qui dénonçait des «exécutions extrajudiciaires». Il ajoutait que son pays avait vu son espace maritime violé le samedi 18 octobre, alors que les forces de la Navy avaient tué un pêcheur dans les Caraïbes.

«Nous ne permettrons aucune violation de la souveraineté colombienne»

Depuis, la tension n'a cessé de monter et désormais, le gouvernement colombien a même obtenu le soutien de certaines branches dissidentes comme celle de l'ex-guérilla des Farc, qui a affirmé ce samedi 25 octobre qu'elle «combattrait» les États-Unis en cas de violation de la souveraineté colombienne.

L'Etat-major central (EMC) s'est, lui, montré très clair face à la presse : «Nous avons l'habitude de nous battre et de combattre ceux que nous devons combattre. Nous avons toujours été des opposants farouches à l'empire américain. Nous ne permettrons aucune intervention militaire ni violation de la souveraineté colombienne».

«La prochaine étape, c'est l'opération terrestre», avait ainsi déclaré Donald Trump. Une phrase qui n'a pas manquer de faire monter la crainte des Colombiens face à la possibilité d'une intervention américaine. Le président Gustavo Petro n'a pas tardé à répondre que «toute agression terrestre est une invasion et une rupture de la souveraineté nationale».

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