Quelques jours après avoir annoncé un durcissement de sa politique d'asile pour décourager l'immigration clandestine, le gouvernement travailliste britannique a présenté ce jeudi une refonte des conditions de résidence permanente pour les étrangers arrivant de manière régulière.
Londres poursuit le durcissement de sa politique migratoire. Ce jeudi, lors d'un point presse, la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a présenté ses mesures concernant l'installation au Royaume-Uni pour les étrangers réguliers.
Désormais, il faudra attendre au minimum dix ans, voire vingt, au lieu de cinq actuellement, avant de pouvoir obtenir un titre de séjour permanent. Quelques rares exemptions sont prévues, pour les immigrés à hauts revenus et certains soignants.
«S'installer définitivement dans ce pays n'est pas un droit, mais un privilège, et il faut le mériter», a-t-elle déclaré devant la Chambre des Communes.
Home Secretary Shabana Mahmood announces changes to legal migration rules. Among them, the minimum period for being granted indefinite leave to remain will be doubled from five to 10 years
pic.twitter.com/M7KDcepYDg— Peter Stefanovic (@PeterStefanovi2) November 20, 2025
Faire baisser l'immigration
Le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui avait exposé les contours de cette réforme en mai dernier, a affiché sa volonté de faire baisser l'immigration, irrégulière, mais aussi régulière, un cheval de bataille du parti Reform UK de Nigel Farage, en tête dans les sondages d'opinion depuis plusieurs mois.
«Aujourd'hui, le permis de séjour permanent arrive presque automatiquement après cinq ans de résidence dans le pays. À ce moment-là, un migrant bénéficie de nombreux droits accordés aux citoyens britanniques, y compris l'accès aux prestations sociales», a souligné la ministre.
Il faudra désormais d'une façon générale justifier de dix ans de séjour au Royaume-Uni pour pouvoir obtenir ce titre de résident permanent. Le délai s'allongera à quinze ans minimum pour les immigrés ayant perçu des aides sociales pendant moins d'un an, et à vingt ans pour ceux en ayant bénéficié pendant plus d'un an. Ce qui constituera une durée record en Europe.
La gauche britannique dans l'incompréhension
Lundi dernier, Shabana Mahmood a annoncé une réforme d'ampleur des règles d'asile, espérant dissuader les arrivées de migrants qui traversent la Manche à bord d'embarcations de fortune. Quelque 39.292 sont déjà arrivés par cette voie cette année, soit plus que sur l'ensemble de 2024, et la quasi-totalité demandent l'asile dans la foulée.
Les nouvelles règles, critiquées par certains députés du Labour et des organisations de défense des demandeurs d'asile, prévoient notamment que le statut de réfugié deviendra temporaire, et que les réfugiés pourront être renvoyés en cas de changement de situation dans leur pays d'origine.
Le gouvernement britannique veut aussi pouvoir renvoyer plus facilement les familles de demandeurs d'asile.