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Starlink : la Russie chercherait à créer une arme capable de fait chuter l'ensemble du réseau spatial d'Elon Musk

Une arme «à effet de zone» serait préparée par la Russie, afin d'inonder les orbites Starlink. [© Sputnik / Sergei Bulkin / REUTERS]

Deux services de renseignement de pays membres de l'Otan affirment que la Russie tenterait de développer une nouvelle arme antisatellite destinée à cibler la constellation Starlink d'Elon Musk.

Un nouveau front, pour les forces russes ? Grâce à une technologie à la pointe, symbolisée par des «nuages ​​orbitaux de fragments destructeurs», la Russie chercherait à freiner la supériorité spatiale occidentale. Une manœuvre qui implique d'utiliser des milliers de fragments pour qu'ils percutent les constellations de satellites et qui ne serait pas sans risque majeur pour l'écosystème spatial international.

Ces conclusions proviennent d'une enquête menée par deux services de renseignement de pays membres de l'Otan, relayées par l'agence Associated press. Cette agence met en lumière la menace que représente Starlink pour la Russie, qui considère que ses milliers de satellites en orbite basse ont joué un rôle essentiel dans la défense ukrainienne face à son invasion entamée il y a plus de quatre ans.

Starlink, un acteur majeur pour l'armée ukrainienne

Le service internet haut débit de Starlink est en effet utilisé par les forces ukrainiennes pour leurs communications sur le champ de bataille, le ciblage des armes adverses et de multiples missions tenues secrètes. Les civils et les responsables gouvernementaux utilisent également ce réseau privé dans les zones où les frappes russes ont troublé les communications locales.

Les deux services de renseignement qui ont fourni ces informations à l'Associated Press ont notamment émis une condition : que les services impliqués ne soient pas identifiés.

Le commandant de la division spatiale des forces armées canadiennes, Christopher Horner, a notamment affirmé qu'une telle intention russe ne pouvait être exclue, après que le pays de Vladimir Poutine a déjà été accusé par les Etats-Unis de construire une arme nucléaire spatiale aveugle.

Un risque de chaos incontrôlable ?

Pour s'attaquer à l'entreprise d'Elon Musk, la Russie compterait préparer une arme «à effet de zone», dont l'objectif serait d'inonder les orbites Starlink. Une arme qualifiée de «nuage ​​orbital de fragments destructeurs». Concrètement, elle expulserait des centaines de milliers de projectiles, ce qui permettrait de désactiver certains de ses satellites simultanément. Le problème que soulèvent de nombreux analystes est que pareille stratégie comporterait des risques majeurs de dommages collatéraux sur d'autres systèmes privés ou nationaux, placés également en orbite autour de la Terre.

Pour de nombreux spécialistes, une telle arme ne pourrait pas fonctionner sans causer un chaos incontrôlable dans l'espace, que ce soit pour les pays, dont certains alliés de la Russie, comme la Chine, ou d'autres entreprises privées. Les satellites placés autour de la Terre ont une place essentielle pour le fonctionnement de la communication et l'utilisation des appareils connectés.

«Je n'y crois pas. Vraiment pas», a par exemple déclaré la spécialiste de la sécurité spatiale à la Secure World Foundation, Victoria Samson. «Franchement, je serais très surprise qu'ils fassent une chose pareille», a-t-elle résumé.

des réactions internationales contrastées

«Je ne peux pas dire avoir été informé de ce type de système. Mais ce n'est pas improbable», a-t-il expliqué. «Si les informations concernant le système d'armes nucléaires sont exactes et qu'ils sont prêts à le développer et à aller jusqu'à ce but, je ne serai pas surpris qu'un système similaire, mais tout aussi dévastateur, soit dans leurs cordes», reprend-il, sans confirmer ni infirmer ce soupçon de projet russe.

De son côté, le commandement spatial français a déclaré à l'Associated Press qu'il ne pouvait pas commenter les conclusions de l'enquête, mais a tout de même précisé : «Nous pouvons vous informer que la Russie a multiplié ces dernières années les actions irresponsables, dangereuses, voire hostiles, dans l'espace». 

Enfin, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n'a pas répondu aux sollicitations de l'Associated Press. Ni SpaceX ni les autorités américaines n'ont également répondu à la sollicitation de l'agence de presse.

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