Après une année 2025 marquée par la multiplicité des conflits internationaux, 2026 pourrait être décisif pour de nombreux pays. Ukraine, Iran, Venezuela ou encore Taïwan, voici les points chauds des douze prochains mois.
Une année décisive ? Entre résolution et intensification, certains conflits géopolitiques rythmeront l'actualité de 2026. Plus que le volet militaire, les évolutions politiques locales pourraient également jouer un rôle clé dans la quête de la paix, aux quatre coins du monde.
La frontière russo-ukrainienne
La fin d'année 2025 a amené un vent d'optimisme quant à la résolution du conflit russo-ukrainien, dont le début remonte à plus de quatre ans en arrière. Ces derniers jours, les deux pays ont en effet discuté tour à tour, avec les Etats-Unis, d'un cessez-le-feu. Si la première proposition émanant de Washington comprenait des conditions jugées «inacceptables» par Volodymyr Zelensky, notamment en termes de perte de territoires, les toutes récentes discussions menées par le camp ukrainien et Washington, ce mercredi 24 décembre, prévoient un gel du front.
Mieux encore, les Etats-Unis tentent d'organiser les premières négociations en face-à-face entre l'Ukraine et la Russie depuis plus de six mois, à Miami. Une information confirmée par Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse tenue à Kiev : «Les Etats-Unis doivent dire clairement : s'il n'y a pas de voie diplomatique, alors il y aura une pression totale», avait-il affirmé, appelant une fois de plus à l'aide militaires de puissances occidentales.

Volodymyr Zelensky ne veut pas s'arrêter là. Après avoir réussi à signer un accord de paix, le président ukrainien compte respecter sa parole et organiser une élection présidentielle. «L'Ukraine doit organiser des élections dès que possible après la signature de l'accord», a-t-il déclaré à la presse ce mercredi 24 décembre.
Le Venezuela
Le Venezuela est un autre point de potentielle rupture, pour l'année 2026. Depuis de longs mois, Donald Trump exerce une pression importante sur le pays auquel il reproche de n'avoir aucunement contrôlé l'exode de nombreux Venezuéliens vers les Etats-Unis, notamment ses prisonniers et ses résidents d'asiles psychiatriques. Donald Trump ayant fait de l'immigration l'une de ses priorités nationales, il a donc intensifié sa politique de pression contre le pays sud-américain.
Le 45e et 47e président américain a également critiqué l'afflux de drogues, notamment le fentanyl et la cocaïne, provenant de ce pays. Depuis la fin de l'été, des dizaines de bateaux soupçonnés de transporter de la drogue ont ainsi été visés lors d'attaques dans les Caraïbes, faisant plusieurs dizaines de victimes.

Donald Trump a notamment offert une récompense à tout individu offrant une information menant à la capture de Nicolas Maduro, président du pays depuis 2013. A la suite d'une conversation téléphonique entre les deux dirigeants, Donald Trump aurait même donné à Nicolas Maduro quelques jours pour quitter le Venezuela.
MADURO PIDE REVIVIR LA GRAN COLOMBIA PARA ENFRENTAR AGRESIONES DE EEUU
El dictador venezolano, cada vez más acorralado, pidió al pueblo de la nación vecina unir fuerzas para crear un ejército como el creado por Bolívar en su lucha independentista.
"A 206 años de haberse fundado… pic.twitter.com/fdcPsMVfhH— MiguelÁngelRodríguez (@MiguelContigo) December 18, 2025
Les plus éminentes personnalités vénézueliennes, qui ne cessent de dire leur pays «prêt à se défendre» en cas d'attaque américaine, ont même évoqué la possibilité d'une aide colombienne. En effet, le 18 décembre dernier, Nicolas Maduro a appelé le pays voisin à intervenir, affirmant même qu'il était temps de rétablir un Etat unifié et une «Grande Colombie», faisant référence au pays qui a existé entre 1819 et 1831.
Taïwan
A Taïwan, où la Chine continue de mener une politique agressive, la place des Etats-Unis sera également clé dans les prochains mois. Depuis plusieurs décennies, le pays américain adopte une approche prudente en reconnaissant la souveraineté chinoise sur Taïwan, même s'il maintient des liens étroits d'un point de vue sécuritaire et économique avec l'île.
Le positionnement américain sera d'autant plus important que Donald Trump et Xi Jinping ont rendez-vous lors d'un sommet prévu à Pékin, lors du printemps prochain. La question de Taïwan y semble inévitable. En effet, l'île est essentielle non seulement aux Etats-Unis mais à l'ensemble du monde occidental : l'île asiatique est la plaque tournante des puces semi-conductrices qui équipent à la fois nos voitures mais aussi nos téléphones portables. Déstabiliser cette région du monde ne serait pas sans impact sur le marché économique mondial.

De son côté, la Chine a réaffirmé sa position de force en avertissant qu'elle balayerait toute tentative étrangère d'ingérence vis-à-vis de l'île autrefois appelée Formose. «Nous avons une volonté ferme, une détermination forte et une grande capacité à défendre notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale», a notamment déclaré le porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises, Peng Qingen. «Nous écraserons toute ingérence étrangère», a-t-il martelé. Le Japon avait fait connaître son ambition de placer des missiles guidés sol-air à moyenne portée à Yanoguni, son île la plus proche de Taïwan.
Comme le rapporte le New York Post, la Chine pourrait même se montrer encore plus ambitieuse militairement au cours de la prochaine année. Un rapport du Pentagone alarme en effet quant au fait que l'armée populaire de libération compte intensifier sa pression et que «la Chine s'attend à être capable de mener et remporter une guerre contre Taïwan d'ici à 2027».
Israël
En 2025, Israël a été un acteur géopolitique majeur. A la suite d'une escalade de violence notamment en réponse aux terribles attentats du 7 octobre 2023, matérialisée par des échanges de tirs récurrents durant l'été 2025, que ce soit avec Gaza puis avec l'Iran, le pays hébreux a signé un cessez-le-feu avec le Hamas, le 10 octobre 2025. Depuis, le gouvernement de Benjamin Netanyahou s'est efforcé de rapatrier de nombreux otages détenus par les forces gazaouies.

A présent, Israël cherche à ouvrir sa politique intérieure aux capitales arabes qui l'entourent. Pour ce faire, les Israéliens devront choisir quelle politique plébisciter lors d'élections législatives devant se tenir le 27 octobre 2026, quatre ans après le dernier scrutin. Si Benjamin Netanyahou, Premier ministre depuis 2022, se présente une nouvelle fois, ses chances d'élection sont jugées moindres par les spécialistes, qui pointent du doigt son modèle restrictif. Pour beaucoup d'analystes, l'issue de ce scrutin donnera plus ou moins de latitude à Donald Trump de conclure les accords d'Abraham qu'il s'est promis de définir, notamment avec l'Arabie saoudite.
Si un gouvernement nationaliste, comme celui de Benjamin Netanyahou, est une nouvelle fois choisi, ses chances seraient minces. Par contre, en cas de vote pour un nouveau gouvernement, une ouverture israélienne dans la région pourrait être possible.
L'Iran
Pour l'Iran, l'année 2026 pourrait être dans la continuité de 2025. Après s'être rapproché inlassablement de la Russie, en ne cessant de lui fournir des armes, notamment des drones Shahed 107, l'Iran a pris part au conflit du Proche-Orient en soutenant le Hamas via des frappes aériennes dirigées sur Israël. Un choix qui lui a valu des répliques désastreuses, notamment de la part des Etats-Unis. Ses sites nucléaires majeurs (Natanz, Fordo et Ispahan) ont ainsi été visés. Le programme a été abandonné.
Pire encore, le pays, longtemps renforcé par le soutien de Bachar al-Assad et la Syrie, ne peut plus compter sur son allié pour être respecté d'un point de vue régional. En effet, une insurrection syrienne débutée en mars 2025 a renversé le régime de celui qui était président du pays depuis 2000.

Pire que son influence au Moyen-Orient, le pays semble avoir perdu sa propre stabilité politique. Un état d'insécurité d'autant plus inquiétant que la situation économique du pays semble se dégrader au fil des mois. En outre, le guide suprême de la nation, Ali Khamenei, en fonction depuis 1989, serait malade et n'apparaît plus en public. La désignation de son successeur pourrait cristalliser de nombreuses tensions et constituer un épisode épineux.
Le groenland
Impliqué en Ukraine, au Venezuela, à Taïwan, au Proche Orient et probablement plus en avant que jamais dans une année marquée par la Coupe du Monde 2026 jouée en Amérique du Nord, les Etats-Unis auront une nouvelle fois fort à faire en 2026.

Mais un dossier extérieur semble préoccuper particulièrement Donald Trump : celui du Groenland. A l'occasion d'une conférence de presse tenue le 22 décembre 2025, le président américain a réitéré : «Nous avons besoin du Groenland, pour notre protection nationale. Leur population est faible. Ils disent que c'est une propriété du Danemark, mais le Danemark n'y a investi aucun fond. Ils ne leur offrent aucune protection militaire».
Trump: "We need Greenland for national protection. They have a very small population. They say Denmark, but Denmark has spent no money. They have no military protection. They say Denmark was there 300 years ago or something with a boat. Well, we were there with boats too I'm… pic.twitter.com/lRR8BGFz9w
— Aaron Rupar (@atrupar) December 22, 2025
Une nouvelle sortie médiatique, qui s'inscrit dans une claire politique menée par le natif de New York depuis de nombreux mois. Cette insistance n'est pas sans inquiéter les dirigeants européens, à commencer par le Premier ministre du Groenland, Jens Frederik Nielsen, qui a appelé à de multiples reprises à une unité européenne autour de l'île.
À Nuuk, j’avais réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Danemark et du Groenland.
Le Groenland appartient à son peuple.
Le Danemark en est le garant.
J’associe ma voix à celle des Européens pour exprimer notre pleine solidarité. pic.twitter.com/74VxXAVsa7— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) December 23, 2025
Dernière figure européenne à avoir réagi à la situation problématique que pose cette vaste région de l'Arctique, Emmanuel Macron a «réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Danemark et du Groenland», sur X. Il le répète : «le Danemark est le garant» du Groenland.
Une guerre politique entre l'Europe et les Etats-Unis qu'il faudra assurément suivre, en 2026.
La frontière entre le Cambodge et la Thaïlande
En 2025, le Cambodge et la Thaïlande ont ravivé des tensions territoriales que beaucoup pensaient enterrées. A partir de mai 2025, le Cambodge a annoncé avoir occupé le Triangle d'émeraude, une région située à cheval entre la Thaïlande, le Laos et le Cambodge. De son côté, la Thaïlande a notamment dit avoir pris possession de Chong Ahn Ma et le pic Phy Makhuea. Les deux pays revendiquent également l'occupation de Prasat Ta Muen Thom, un temple khmer historique.
Tout au long de l'année, les différents bilans des offensives menées par les armées des deux pays ont amené le différend à un niveau inédit depuis plus de quinze ans. Depuis le 7 décembre, de nouveaux combats ont fait au moins 44 tués : 23 côté thaïlandais, 21 côté cambodgien. Plus de 900.000 habitants ont été évacués de part et d'autre, tout en affectant le tourisme des deux pays.

Mais 2026 pourrait être l'année de la résolution de ce conflit. Le Cambodge et la Thaïlande ont effectivement entamé mercredi 24 décembre des pourparlers qui devraient durer quatre jours, afin de mettre un terme à leurs affrontements meurtriers, ont indiqué les autorités cambodgiennes. L'objectif est de «garantir la cessation des hostilités», de rétablir la stabilité et de «faciliter un retour rapide à la normale», a indiqué le gouvernement cambodgien.
Le Soudan
Depuis 2023, le Soudan est ravagé par une guerre civile opposant les forces armées du pays et les Forces de soutien rapide (FSR). Le conflit est rapidement devenu une guerre d'usure, voire une guerre d'anéantissement selon les spécialistes, qui déplorent que les deux camps s'en prennent à des populations différentes sur lesquelles ils n'ont aucune légitimité.
Preuve de cette violence extrême qui règne dans cet affrontement : l'ONU a déploré la mort de plus de 1.000 civils en avril dernier, dans le camp de déplacés de Zamzam, dans le Darfour-Nord, lors d'une attaque des paramilitaires en conflit contre le gouvernement. Le Haut-commissariat a même détaillé, faisant état de «massacres, viols et autres violences sexuelles, actes de torture et enlèvements» perpétrés par les Forces de soutien rapide (FSR).

Mardi 23 décembre, le Premier ministre soudanais Kamil Indris a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à «se tenir du bon côté de l'histoire», en soutenant le plan de son gouvernement en faveur de la paix dans le pays.
Au siège de l'ONU, il a appelé de ses voeux un «cessez-le-feu, sous la surveillance conjointe des Nations unies, de l'Union africaine et de la Ligue arabe», parallèlement au «retrait» des «milices rebelles des zones occupées» et à leur «désarmement». «Nous avons pour objectif d'organiser un dialogue inter-soudanais pendant la période de transition», a promis le Premier ministre. «Ce dialogue sera suivi d'élections libres». Une nouvelle fois, l'année 2026 pourrait être décisive et pourrait être porteuse de paix, pour un pays déchiré par la guerre.