Le Royaume-Uni préfère ne prendre aucun risque et a décidé d'offrir une assurance de taille au British Museum pour assurer la tapisserie de Bayeux d'éventuels dommages lors de son transport ou de son exposition de septembre 2026 à juillet 2027.
Un chef d'œuvre inestimable qu'il va tout de même falloir assurer. Le Royaume-Uni est prêt à accueillir la Tapisserie de Bayeux comme il se doit et à veiller à sa protection, peu importe son coût. Le gouvernement britannique a réservé une somme colossale pour assurer la protection de la broderie d'éventuels dommages, liés au transport ou pendant son exposition au British Museum, rapporte la presse britannique, dont le Financial Times et la BBC.
La broderie sera assurée pour un prix estimé à 800 millions de livres sterling, soit près de 920 millions d'euros. Les fonds seront prêtés par le régime d'indemnisation britannique, le Government Indemnity Scheme (GIS) au British Museum. Ces fonds permettent d'exposer des œuvres d'art et des objets culturels au Royaume-Uni, qui «n'auraient peut-être pas pu l'être en raison du coût trop élevé de l'assurance», explique un porte-parole du Trésor Britannique dans les colonnes de la BBC.
Cette assurance vise à rassurer les experts français et britanniques, inquiets du transfert de la tapisserie de Bayeux, longue de 70 mètres et haute de 50 centimètres et qui a presque 1.000 ans.
Exposée dès septembre
Après l'annonce du prêt de la tapisserie au Royaume-Uni par Emmanuel Macron en juillet, certains avaient questionnés la possibilité de transporter ce chef-d'oeuvre retraçant le chemin de Guillaume Le Conquérant vers la quête du trône anglais. Des études, publiées sur le site du ministère de l'Intérieur, on souligné un «risque majeur d'aggravation des déchirures et rupture de fils». Une pétition a également été lancée pour s'opposer à ce projet. Elle a déjà récolté 76.000 signatures.
La tapisserie sera exposée de septembre 2026 à juillet 2027 dans la Sainsbury Exhibitions Gallery du British Museum. Le musée de Bayeux en profitera pour se refaire une beauté et se préparer à accueillir de nouveau la tapisserie, cette fois-ci dans de meilleures conditions.
Ce n'est pas la première fois que le Royaume-Uni pioche dans les fonds de son régime d'indemnisation, instauré en 1980. Des sommes importantes avaient été débloquées pour exposer «La Chambre à coucher» de Van Gogh, au National Gallery.