Un homme âgé de 80 ans, nostalgique du fascisme, est soupçonné d’avoir fait partie des «tireurs d’élite du week-end». Ces touristes de guerre ont déboursé des milliers d’euros pour tuer hommes, femmes et enfants lors du siège de Sarajevo au début des années 1990.
«Faire la chasse à l'homme». Ces termes choquants, rapportés par la presse italienne, sont l'œuvre d'un octogénaire. Ancien chauffeur routier vivant dans la région autonome du Frioul-Vénétie Julienne, il est soupçonné d'être un membre des «tireurs d'élite week-end». De riches personnes qui ont déboursé des milliers d’euros pour tirer sur des hommes, femmes et enfants durant le siège de Sarajevo, mené par les Serbes de Bosnie au début des années 1990. Trois décennies plus tard, l’Italie espère démasquer certains de ces «touristes-snipers».
Suspecté par le parquet de Milan d'«homicide volontaire continu et aggravé par des motifs abjects», l'homme a été interrogé lundi dans la capitale italienne de la mode.
Des safaris macabres pour 100.000 euros
Présenté par la presse italienne comme passionné de chasse, détenteur de plusieurs armes à feu et nostalgique du fascisme, il se serait vanté en public d'être allé en Bosnie «faire la chasse à l'homme», une personne qui «prenait du plaisir à aller à Sarajevo pour tuer des gens». Des dires que l'accusé a démentis, reconnaissant auprès du journal Messaggero Veneto s'être rendu en Bosnie pour le «travail, pas pour la chasse».
En octobre, le parquet a ouvert une enquête sur ces «touristes de guerre», dont de nombreux Italiens. Ces hommes, pour la plupart des sympathisants d'extrême droite passionnés d'armes et fortunés, se rassemblaient à Trieste, dans le nord de l'Italie, avant d'être conduits sur les collines entourant Sarajevo, ajoute le journal.
Pour pouvoir participer à ces «safaris» macabres, ils payaient jusqu'à l'équivalent de 100.000 euros par jour à l'armée des Serbes de Bosnie, indique le quotidien Il Giornale, qui avait révélé le premier, en juillet, l'ouverture d'une enquête italienne.
Durant le siège de Sarajevo (1992-1996), le plus long de l'histoire de la guerre moderne, 11.541 hommes, femmes et enfants ont été tués et plus de 50.000 de ses habitants ont été blessés par les forces serbes bosniennes, selon les chiffres officiels.
Pour l'heure, aucun chiffre n'indique précisément le nombre de Bosniens tués par ces snipers.