Sur fond d'escalade militaire au Moyen-Orient et de menaces sur les routes d'approvisionnement, le prix du pétrole s'est envolé ce vendredi, atteignant son plus haut niveau depuis 2023.
Les marchés pétroliers s'affolent. La flambée des prix a été déclenchée après de nouvelles déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé ce vendredi vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la «capitulation sans condition» de l'Iran.
Le baril de Brent, référence internationale, a dépassé les 94 dollars (environ 80 euros), soit une hausse d'environ 10 % en une journée et son niveau le plus élevé depuis 2023. De son côté, le baril de West Texas Intermediate (WTI) s'est échangé au-dessus de 92 dollars (environ 79 euros), progressant de plus de 13 %.
Pour les analystes, la situation pourrait encore se détériorer. «J'ai déjà vu ce genre de situation auparavant, mais celle-ci commence à prendre des proportions dramatiques», estime Ole R. Hvalbye, analyste chez la banque nordique SEB, qui redoute les conséquences économiques à long terme, notamment un risque de récession mondiale.
Le détroit d'Ormuz, point névralgique de l'approvisionnement mondial
Au coeur des inquiétudes se trouve le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole. Les perturbations dans cette zone provoquent déjà des difficultés d'approvisionnement.
«Chaque jour où le détroit reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage», explique Giovanni Staunovo, analyste chez UBS. Même si certains pays du Golfe comme l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis peuvent rediriger une partie de leur production, près de 8,7 millions de barils par jour resteraient bloqués.
Les conséquences commencent déjà à se faire ressentir dans la région. En effet, l'Irak a réduit la production sur l'un de ses principaux champs pétroliers, tandis que le Koweït aurait commencé à ralentir l'exploitation de certains gisements faute de capacités de stockage.
Face au risque de pénuries, plusieurs grandes puissances tentent de sécuriser leurs approvisionnements. La Chine a demandé à ses raffineurs de suspendre certaines exportations de carburants, tandis que les Etats-Unis ont autorisé temporairement l'exportation de pétrole russe vers l'Inde.
La marine américaine escortera les navires marchands tentant de passer par le détroit d'Ormuz «dès que ce sera raisonnable», a assuré ce vendredi le ministre américain de l'Energie, Chris Wright.