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Crash d'Air Algérie en 2014 : douze ans après l’accident qui avait fait 116 victimes, l'heure du procès

Le 24 juillet 2014, le vol AH5017 Ouagadougou-Alger s'était écrasé en plein Sahel, dans le nord du Mali, faisant 116 morts. [Sia KAMBOU / AFP]

Le procès de la compagnie espagnole Swiftair pour homicides involontaires après le crash d'un avion Air Algérie au Sahel débute ce vendredi. Survenu en 2014, l'accident avait fait 116 victimes, dont 54 Français.

Les familles l'espéraient depuis longtemps. Près de douze ans après le crash d'un avion Air Algérie au Sahel, qui avait fait 116 morts, le procès de la compagnie espagnole Swiftair pour homicides involontaires s'ouvre ce lundi pour quatre semaines devant le tribunal correctionnel de Paris

Le 24 juillet 2014, le vol AH5017 Ouagadougou-Alger s'était écrasé en plein Sahel, dans le nord du Mali, avec à son bord 110 passagers dont 54 Français, 23 Burkinabés, des Libanais, des Algériens et six membres d'équipage, tous Espagnols.

En pleine nuit, alors que l'aéronef traversait une zone intertropicale orageuse, la non-activation du système d'antigivrage avait conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression, entraînant la décélération automatique des moteurs, sans réaction appropriée de l'équipage et jusqu'au décrochage fatal.

Swiftair était la propriétaire de ce McDonnell Douglas MD-83, qu'elle avait loué à Air Algérie avec son équipage. 

«Des manquements», une «formation lacunaire»...

À l'issue des investigations, les juges d'instruction français avaient estimé que «divers manquements de la part de la compagnie» avaient joué un rôle dans l'accident, en particulier une «formation lacunaire» de l'équipage qui ne lui avait «pas permis» de «réagir de manière adaptée et d'éviter l'accident». 

Ils avaient estimé que Swiftair devait être jugée pour «homicides involontaires par négligence et imprudence», faute d'avoir assuré «une formation suffisante à l'équipage, ce qui a contribué à sa non-perception des conditions de vol extérieures, à sa non-appréhension de la détérioration des paramètres moteurs, à sa non-utilisation des moyens de protection de l'aéronef et à son manque de réaction adaptée face à l'apparition du décrochage». 

Au contraire, la compagnie madrilène, créée en 1986 et qui possède une flotte d'une cinquantaine d'avions, fait valoir que l'accident résulte d'une combinaison de facteurs extérieurs, notamment «les lacunes du manuel de vol sur la particularité du givrage par cristaux de glace» et «les lacunes de Boeing et de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) sur le décrochage qui intervient soudainement sans alarme préalable».

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