Les eurodéputés ont adopté ce jeudi en séance plénière l'interdiction dans l'UE des services d'intelligence artificielle permettant de «dénuder» des personnes sans leur consentement.
Une décision prise. Les commissions chargées des libertés civiles et du marché intérieur du Parlement avaient donné le mercredi 18 mars leur feu vert à une modification cruciale de la loi sur l’intelligence artificielle : l'interdiction des deepfakes sexuels.
Soutenu par les représentants des 27 pays membres via une initiative menée par la France et l’Espagne, l'amendement a été approuvé ce jeudi 26 mars.
Il doit instaurer «une nouvelle interdiction des systèmes dits de nudification, qui utilisent l'IA pour créer ou manipuler des images sexuellement explicites ou intimes et qui ressemblent à une personne réelle identifiable, sans le consentement de cette personne», selon un communiqué du Parlement.
Un débat lancé par la polémique Grok
«C'est une grande victoire, tout particulièrement pour les femmes et les enfants en Europe», s'était félicitée l'élue néerlandaise Kim van Sparrentak (Verts).
La controverse autour de l’assistant IA développé par xAI, la société d’Elon Musk, a grandement accéléré les choses. Fin 2025 et début 2026, des utilisateurs ont exploité Grok pour produire massivement des visuels dénudés de femmes et même d’enfants à partir de clichés authentiques, provoquant un scandale international.
Face à la vague d’indignation, xAI a limité l’accès à la génération d’images aux abonnés premium et promis de filtrer les contenus illicites dans les zones concernées.
Le Parlement et les pays membres de l'UE doivent maintenant s'entendre sur une formulation similaire pour que la mesure puisse entrer en vigueur.