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Algérie : le pape Léon XIV ne devrait pas s'exprimer en français lors de sa visite

Le pape Leon XIV se rendra en Algérie du lundi 13 au mercredi 15 avril pour une visite de deux jours. [REUTERS/Yara Nardi]

Ce lundi et ce mardi, le pape Léon XIV effectue une étape très attendue en Algérie, à qui il entend envoyer des signaux d'apaisement, dans un contexte où la diplomatie algérienne entretient des relations difficiles avec la France.

C'est un voyage que toute l'Afrique attend. De ce lundi 13 au jeudi 23 avril, Léon XIV effectue une visite officielle dans quatre pays africains : l'Algérie, le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale. Lors de son premier voyage, le pape se rend ce lundi en Algérie, une première pour un souverain pontif. Une étape qui sera scrutée de très près puisqu'elle interviendra dans un contexte tendu entre les diplomaties algérienne et française.

Une donnée que le Vatican semble avoir pleinement prise en compte. En effet, d'après les informations de nos confrères de I.MEDIA, il s'exprimera uniquement en anglais lors de sa visite en Algérie. Un geste symbolique très fort de la part de l'état pontifical qui a deux buts. D'une part, il s'agit de reconnaître la dimension internationale des communautés catholiques en Algérie. Selon I.MEDIA, c'est aussi un moyen sous-jacent de détacher l'église catholique algérienne de son passé colonial, et donc indirectement de la France.

Par ailleurs, le pape Léon XIV a fait le choix de se rendre sur les traces des religieuses espagnoles de Bab El Oued et non sur celles de Mgr Pierre Claverie ou des moines de Tibhirine, même s'il rendra probablement hommage aux victimes de la «décennie noire».

Des signaux qui devraient être fortement appréciés par le pouvoir algérien.

Une prise de hauteur de la part du vatican dans Un contexte de tensions entre Alger et Paris

Le Vatican entend clairement se placer au-dessus de la mêlée et ne pas ajouter d'huile sur le feu dans les tensions existantes entre Alger et Paris, émaillées de plusieurs incidents diplomatiques ces dernières années.

Tout d'abord, la déclaration d'Emmanuel Macron, qui avait officiellement reconnu l'appartenance du Sahara occidental au Maroc, avait lancé les hostilités côté Alger. Les arrestations du journaliste français Christophe Gleizes, détenu dans les géoles algériennes depuis mai 2024, puis celle de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal lors de sa descente d'avion à Alger en novembre 2024 et sa détention pendant un an, n'ont fait qu'accentuer les crispations.

En avril 2025, l'arrestation puis l'incarcération d'un agent en poste au consulat d'Algérie à Créteil, soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de l'influenceur algérien Amir DZ, critique du président algérien Abdelmadjid Tebboune, a été mal perçu par l'Algérie.

Malgré la récente visite du ministre de l'Intérieur français Laurent Nunez, les relations diplomatiques restent plus que fraîches. 

Ainsi, le pape Léon XIV entend bien mettre la politique de côté afin de se poser en rassembleur lors du premier voyage en Afrique de son pontificat.

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