Attendu en Algérie le 13 avril prochain, Léon XIV effectuera une visite historique dans un pays à majorité musulmane. Mais contrairement à ce que certains espéraient, le souverain pontife ne se rendra pas sur les traces des moines de Tibhirine.
Un voyage attendu. Pour son premier déplacement en Algérie, le pape Léon XIV s’inscrit dans une tournée internationale marquée par des étapes dans des pays majoritairement musulmans, après la Turquie et le Liban en 2025. Ce séjour intervient dans un contexte géopolitique tendu, entre la guerre au Moyen-Orient mais aussi par les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.
Préparée de longue date, notamment après la visite au Vatican du président Abdelmadjid Tebboune en juillet 2025, cette venue vise à promouvoir «le dialogue interreligieux et la collaboration culturelle dans la construction de la paix et de la fraternité dans le monde».
Le choix de se rendre sur les traces des religieuses espagnoles de Bab El Oued et non sur celles de Mgr Pierre Claverie ou des moines de Tibhirine peut être compris comme un souci de ne pas mettre un focus trop systématique sur cet héritage français, d'après I.MEDIA. Il est toutefois probable que le pape rende un hommage aux martyrs de la «décennie noire».
Pour rappel, pendant la guerre civile algérienne, sept moines trappistes français avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 et séquestrés pendant plusieurs semaines. Le 21 mai, leur assassinat avait été confirmé. La thèse officielle avancée à l'époque par Alger décrivait un enlèvement puis un assassinat, revendiqués par des islamistes du Groupe islamique armé (GIA), mais des doutes subsistent sur la possible implication des services secrets militaires algériens.
Entre enjeux diplomatiques et équilibres régionaux
Certains dossiers sensibles pourraient s’inviter en marge de cette visite, comme celui du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie. Celui-ci, qui est catholique, a reçu plusieurs visites du cardinal Vesco dans la prison où il purge une peine de sept ans de prison. Il a été jugé coupable des délits d’«apologie du terrorisme» et de «possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national», après avoir interviewé un dirigeant sportif kabyle lié à un mouvement sécessionniste.
Le 10 avril prochain, à trois jours du départ du pape pour l’Algérie, le président français Emmanuel Macron pourrait plaider sa cause lors de son entretien avec Léon XIV au Vatican. Un précédent existe, dans un tout autre contexte : en 2010, Nicolas Sarkozy avait demandé à Benoît XVI d’intervenir en faveur de la libération de Florence Cassez, une Française emprisonnée au Mexique sur une suspicion d’implication de trafic de drogue.