Le géant du web Meta a annoncé ce jeudi en interne le licenciement de 8.000 employés, soit environ 10% de ses effectifs, ainsi que la suppression de 6.000 postes vacants. Une décision justifiée par l'investissement massif du groupe dans l'intelligence artificielle.
IA plus de place. Le groupe Meta, maison mère des réseaux sociaux Facebook et Instagram, a annoncé ce jeudi 23 avril dans une note interne la fin d'activité de 8.000 employés. Un chiffre correspondant à environ 10% des effectifs de la firme de Mark Zuckerberg, qui souhaite se consacrer massivement au développement de l'intelligence artificielle.
Meta a également fait part de la suppression de 6.000 postes actuellement non pourvus. Dans un mémo, la responsable des ressources humaines, Janelle Gale, a justifié cette décision par la volonté de «gérer l'entreprise plus efficacement et de compenser les investissements» du groupe, engagé dans une course stratégique effrénée à l'IA.
Des sommes titanesques dépensées dans l'intelligence artificielle
La firme propriétaire de WhatsApp comptait 78.865 employés fin décembre, selon des documents transmis au régulateur américain des marchés, la SEC. Même si l'intelligence artificielle ne constitue pas, selon le groupe, la principale raison de cette suppression massive de postes annoncée ce jeudi, le PDG Mark Zuckerberg avait établi fin janvier un lien direct entre cette technologie et des économies de coûts.
«Des projets qui auparavant auraient nécessité de grosses équipes sont maintenant menés à bien par une seule personne de grand talent», avait affirmé le multimilliardaire. En conséquence, «nous parions sur les contributions individuelles et réduisons la taille des équipes», avait-il ajouté.
Dans le même temps, le groupe californien dépense des sommes colossales dans le développement et l'utilisation de l'IA. L'entreprise située à Menlo Park prévoit ainsi d'investir entre 115 et 135 milliards de dollars en 2026, en grande partie pour s'assurer de capacités suffisantes pour l'IA, des puces aux centres de données.
Un montant qui équivaut à peu près à celui dépensé pour l'intelligence artificielle au cours des trois dernières années combinées, selon la note de service. En janvier dernier, Mark Zuckerberg avait déclaré avoir constaté à quel point les employés qui s'appuyaient fortement sur l'IA étaient devenus plus productifs, soulignant qu'une seule personne pouvait désormais mener à bien des projets qui auraient auparavant nécessité une équipe importante. «Je pense que 2026 sera l'année où l'IA commencera à transformer radicalement notre façon de travailler», avait alors confié le PDG de Meta.
Cette semaine, l'entreprise a annoncé à ses employés qu'elle allait commencer à suivre et à enregistrer leurs actions sur leur souris et leur clavier d'ordinateur afin de contribuer à l'entraînement et à l'amélioration de ses modèles d'IA, une mesure qu'un employé a qualifiée de «dystopique» auprès de la BBC, compte tenu des licenciements imminents. Les suppressions d'emplois à venir constitueront la plus importante vague de licenciements chez Meta depuis 2023.