Korean Air a annoncé ce samedi dans un communiqué l'interdiction du transport de coqs dans ses vols vers les Philippines depuis les Etats-Unis. Un choix largement salué par des organisations de défense des droits des animaux.
La poule aux oeufs d'or de la criminalité organisée. Aux Philippines, les combats de coqs représentent une industrie très lucrative, mais pourraient bien manquer de challengers dans les prochaines semaines. La compagnie aérienne Korean Air a décidé ce samedi 2 mai d'interdire le transport de coqs des Etats-Unis vers les Philippines. Une décision saluée par des organisations de défense des droits des animaux.
Dans un communiqué, Korean Air a assuré avoir «suspendu le transport de coqs de tout âge sur les liaisons entre les Etats-Unis et les Philippines et s’engage à assurer le transport légal et sûr des animaux vivants, conformément aux lois et réglementations en vigueur», sans pour autant mentionner explicitement les coqs de combat.
Korean Air, un exemple à suivre ?
Cette industrie dans l'ombre représente des revenus de dizaines de millions de dollars par semaine, selon les autorités, qui vont directement dans les caisses de la criminalité organisée. Ces coqs, équipés plus tard d'éperons métalliques tranchants lors des combats, sont fournis en grand nombre par les Etats-Unis.
Cette interdiction pourrait bien avoir un «impact énorme», selon des militants et un éleveur philippin, Eduardo Eugenio, interrogé par l'AFP. «Nous espérons (...) que d’autres compagnies aériennes suivront cet exemple», a indiqué Jana Sevilla, porte-parole de l’organisation PETA aux Philippines.
Animal Wellness Action, ONG américaine de défense des animaux, a même assuré que la compagnie corréenne était devenue «la plus grande compagnie aérienne au monde impliquée dans le transport illégal d’oiseaux de combat».
Aussi, Animal Wellness Action s’est attribué le mérite de cette mesure : «Korean Air a accepté de répondre à notre demande de mettre fin à tous les envois de coqs vers les Philippines.»
Selon l'ONG, «des dizaines de milliers» de coqs seraient envoyés chaque année aux Philippines. À la tête d'un élevage de 300 oiseaux dans la ville méridionale de Tagum, Eduardo Eugenio a souligné que «l'activité aux Philippines est très dépendante» des éleveurs américains.