Selon une étude mondiale d'UKG, la prochaine Coupe du monde de la FIFA pourrait coûter jusqu’à 14 milliards d’euros de perte de productivité aux entreprises. L'enquête mondiale révèle que les salariés et managers prévoient de ne pas aller au travail, d’arriver fatigués ou avec la « gueule de bois ».
La prochaine Coupe du monde de la FIFA pourrait bien ne pas se jouer uniquement sur les terrains. Selon une étude mondiale menée par UKG auprès de 8.000 salariés dans huit pays, l’événement sportif serait aussi susceptible de provoquer un important choc organisationnel dans les entreprises, avec une perte de productivité estimée à plus de 14 milliards d’euros à l’échelle mondiale, dont 645 millions d’euros rien qu'en France.
L’étude met en lumière un impact largement sous-estimé des grands événements sportifs sur le fonctionnement des organisations. Face à cette célébration mondiale, les salariés non-cadres et les managers de proximité prévoient de ne pas aller au travail, de pointer en ayant la « gueule de bois », de suivre les matchs pendant leurs heures de travail et de réclamer des niveaux de flexibilité que de nombreux employeurs pourraient ne pas être prêts à accorder.
Aux États-Unis, le coût est évalué à 10,1 milliards d’euros, loin devant l’Allemagne (1,15 milliard), le Royaume-Uni (783 millions) ou encore la France (645 millions). Ces chiffres intègrent à la fois les absences, mais aussi le «présentéisme», ces salariés présents physiquement mais moins productifs, notamment après des soirées de match.
Matchs, fatigue et flexibilité... un quotidien bousculé
Selon l’enquête, 37 % des salariés dans le monde et en France, déclarent qu’ils adapteront leur emploi du temps pendant la compétition. Plus d’un quart prévoit de perturber sa journée de travail avec une arrivée tardive, un départ anticipé ou une absence totale. « Ce qui rend la Coupe du monde si pertinente, c’est qu’elle reflète un défi auquel les entreprises sont confrontées au quotidien : dans les organisations qui reposent principalement sur des équipes de première ligne, l'activité évolue d'heure en heure, et une planification statique crée un écart entre ce qui est prévu et ce qui est réellement exécuté », déclare Suresh Vittal, directeur produits chez UKG.
Les comportements liés au suivi des matchs sont également révélateurs puisque 14 % des salariés dans le monde (18 % en France) admettent qu’ils regarderont des matchs ou des résumés en streaming pendant les heures de travail. En outre, 22 %, soit 28 % en France, pensent travailler en état de fatigue. Près de 11 % reconnaissent qu’ils pourraient travailler avec la «gueule de bois».
Au-delà de la productivité immédiate, l’étude révèle un enjeu plus structurel, celui de la fidélisation des salariés. Près de 1 salarié sur 5 (20 % en France) affirme qu’il envisagerait de quitter son emploi si son organisation ou son manager ne lui permet pas de vivre pleinement l’expérience de la Coupe du monde. Par ailleurs, 39 % des salariés dans le monde (52 % en France) estiment que leur employeur ne tiendra pas compte de l’événement dans l’organisation du travail.
Une opportunité pour repenser l’organisation du travail
Les managers apparaissent particulièrement exposés à ces tensions. Ils sont plus nombreux à anticiper des demandes de congés, des ajustements d’horaires ou des aménagements de dernière minute que les autres salariés.
«Lorsque l’absentéisme et le présentéisme prennent de l’ampleur, les conséquences sont immédiates et coûteuses. La productivité diminue, l’expérience client s’en ressent et le moral des équipes se dégrade, car il revient au reste du personnel de compenser les effectifs manquants », a expliqué Suresh Vittal.
« Les responsables d’équipes de première ligne doivent planifier dès aujourd’hui en se donnant les moyens de gérer rapidement les perturbations, d’adapter la couverture en temps réel et de faire de la flexibilité une stratégie visant à préserver à la fois la confiance des employés et les résultats financiers», a-t-elle ajouté.
Pour UKG, ces perturbations ne doivent pas être uniquement perçues comme un risque, mais aussi comme un révélateur des capacités d’adaptation des entreprises. «La Coupe du monde est bien plus qu’un événement culturel. C’est un test de planification des effectifs et de flexibilité organisationnelle», souligne Suresh Vittal, directeur produits chez UKG.
Si la Coupe du monde n’a lieu qu’une fois tous les quatre ans, elle s’étend sur 39 jours et seule une partie des matchs est connue à l’avance. Avec une meilleure planification, une communication claire et des politiques de flexibilité adaptées, les entreprises pourraient non seulement limiter les pertes de productivité, mais aussi renforcer l’engagement des équipes.