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Espionnage : le FBI mène un vaste coup de filet contre des sites chinois suspectés de recruter des hauts fonctionnaires américains

D'après le FBI, sept personnes ont été identifiées comme ayant été recrutées via ces plateformes où il leur a été demandé des documents sur divers sujets. [Beata Zawrzel / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Les autorités américaines ont annoncé la saisie de 13 sites internet soupçonnés d'avoir servi à des opérations de recrutement au profit de la Chine. Selon le FBI, ces plates-formes visaient notamment des anciens et actuels fonctionnaires américains afin d'obtenir des informations sensibles.

Le FBI passe à l’offensive face à de potentielles ingérences étrangères. Dans un communiqué rendu public ce mercredi 10 juin par le bureau du procureur fédéral du district de Columbia, les autorités américaines ont annoncé le démantèlement d’un réseau de sites internet soupçonnés d’avoir servi au profit d’intérêts chinois.

Au total 13 de ces plates-formes ont alors été saisies par le FBI, qui affirme que ces dernières auraient en réalité servi de façade pour approcher des responsables américains ayant accès à des informations sensibles.

Selon les informations du communiqué, ces sites en ligne se présentaient comme de simples sociétés de recrutement et proposaient des offres d'emploi pour des postes d'«analyste en affaires internationales», d'«analyste de la défense», de «consultant» ou encore destinés à d'anciens militaires.

«Les saisies d'aujourd'hui envoient un message clair : toute tentative d'exploitation de citoyens américains ayant accès aux informations les plus sensibles de notre pays sera démasquée et neutralisée», a déclaré la procureure Jeanine Ferris Pirro.  

Pékin en ligne de mire du FBI

Face à cette tentative de collecte d'informations sensibles, cette dernière a tenu à rassurer. «Nous protégerons toujours l'intégrité de nos agents et préserverons les informations confidentielles qui sont le fondement de notre sécurité nationale», a-t-elle insisté.

D'après le FBI, sept personnes ont été identifiées comme ayant été recrutées via ces plates-formes où il leur a été demandé des documents sur divers sujets comme les relations entre la Chine et les États-Unis, sur l’Iran ou encore sur la guerre israélo-palestinienne.

Par ailleurs, les enquêteurs fédéraux estiment que les responsables de cette opération, tous basés à l’étranger et qui auraient versé des sommes parfois importantes en échange d’informations, agissaient «sciemment ou non» pour le compte du gouvernement chinois. Le ministère américain de la Justice a quant à lui indiqué que les responsables des sites concernés ont «nié toute implication avec un quelconque gouvernement étranger».

Des identités fictives générées par l’IA

Mis en place depuis novembre 2023, ce réseau de faux sites de recrutement se faisant passer pour des sociétés internationales sous des noms tels que Centrik Global Consulting, GeoIndopacific et Pulse Wave Global, passait par des plates-formes tels que LinkedIn ou encore Upwork afin d’approcher les agents ayant accès à des informations sensibles.

Et pour que la supercherie soit quasi parfaite, ces sites web financés par des cryptomonnaies, utilisaient des identités fictives générées par l'intelligence artificielle et copiaient également des informations et des photos provenant de véritables entreprises étrangères.

L’un d’eux affichait même de faux témoignages attribués à des personnages fictifs du film comique «Anchorman», notamment le personnage de Ron Burgundy interprété par Will Ferrell et celui de Brick Tamland joué par Steve Carell.

L’année dernière déjà, un rapport du Service d’enquêtes criminelles de la Marine américaine (NCIS), relayé par CNN, alertait sur les menaces d’acteurs étrangers visant des employés fédéraux via des offres d’emploi et de tirer profit des plans de licenciements massifs de l'administration Trump.

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