Dans le sillage d’autres pays ayant déjà mis en place des interdictions, comme l’Australie, le Canada veut fixer à 16 ans l'âge minimal pour créer des comptes sur les réseaux sociaux.
Limiter l’emprise des écrans sur les adolescents. Le Canada envisage de fixer à 16 ans l’âge minimum pour ouvrir un compte sur les réseaux sociaux, tout en obligeant les robots conversationnels dotés d’intelligence artificielle à mieux filtrer les contenus jugés nocifs.
«La sécurité des enfants ne peut pas être une considération secondaire. Nous savons tous et toutes que le contenu préjudiciable en ligne peut avoir de très lourdes conséquences», a déclaré lors d'une conférence de presse mercredi le ministre de la Culture, Marc Miller, à l'origine d'un projet de loi en ce sens.
Adapter la législation aux évolutions technologiques
Reconnaissant un certain retard, Marc Miller a appelé à adapter la législation aux évolutions technologiques : «À mesure que les technologies évoluent, nous devons veiller à ce que nos lois suivent le rythme, car les parents ne peuvent pas relever ces défis seuls».
«Les réseaux sociaux et les robots conversationnels dotés d'IA ne favorisent pas un développement sain chez les enfants et sont devenus une source d'anxiété, d'isolement, de dépression et de nombreux autres problèmes de santé mentale pour de nombreux jeunes», a ajouté Marjorie Michel, ministre de la Santé.
Sanction de 10 millions de dollars
Le projet de loi prévoit bien une interdiction pour les moins de 16 ans, mais laisse une porte ouverte aux plate-formes capables de démontrer qu’elles mettent en place «des mesures de protection suffisantes pour les enfants». En cas d’infraction, les entreprises risquent des sanctions pouvant atteindre 3% de leur chiffre d’affaires mondial ou 10 millions de dollars canadiens (6,2 millions d’euros).
Avec cette initiative, le pays rejoint une dynamique internationale déjà engagée, notamment en Australie, en Indonésie ou encore au Brésil. En Europe, de nombreux pays, à l'image de la France ou encore de la Suède, planchent déjà sur de telles interdictions.