Alors qu’un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient devrait être signé ce vendredi, le directeur de la CIA, John Ratcliffe a informé Donald Trump que ses services émettent de «sérieux doutes» quant à la volonté de l’Iran de mettre fin à son programme nucléaire.
Un accord fragile. C’est l’une des conditions du protocole d’accord qui sera signé entre les États-Unis et l’Iran vendredi à Genève : la République islamique doit s’engager à démanteler la totalité de son programme nucléaire, raison officielle pour laquelle les États-Unis avaient engagé des bombardements en février dernier dans la région.
Pourtant, selon les informations du directeur de la CIA, John Ratcliffe, citées par Axios, les renseignements américains estiment que l’Iran n’envisage pas de renoncer à son programme, et qu’il pourrait tenter de réparer au plus vite les importants dégâts causés par les bombardements américains et israéliens sur les sites du pays.
Alors que les États-Unis et l'Iran se sont engagés à négocier pendant au moins soixante jours en vue d’un accord de paix définitif, le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont également déclaré douter que les Iraniens soient réellement disposés à prendre les mesures attendues sur le plan nucléaire.
Un accord en 14 points
Malgré les informations de la CIA et les doutes de certains membres de l'administration, le vice-président J.D. Vance, qui, comme Donald Trump, souhaite conclure un accord le plus rapidement possible, se montre beaucoup plus optimiste à ce sujet, tout comme les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.
Le communiqué de la Maison-Blanche se veut en parallèle rassurant, affirmant que le protocole d’accord sera signé vendredi et respectera toutes les lignes rouges fixées par les États-Unis. «Le protocole garantit que l’Iran ne pourra jamais posséder d’arme nucléaire, ne pourra pas disposer d’uranium hautement enrichi et ne pourra plus prendre en otage l’approvisionnement énergétique mondial», indique le texte.
Donald Trump a toutefois précisé que le contenu du document ne serait rendu public qu’après sa signature. Impossible donc de savoir ce qu’il en est dans le détail. J.D. Vance a cependant révélé qu’il s’agissait d’un «document assez général» d’une page et demie et comportant quatorze points, dont celui sur le nucléaire.
Une fausse victoire sans accord sur le nucléaire ?
De quoi faire douter plusieurs personnalités politiques américaines, y compris au sein des Républicains. «Je crains que l’interprétation iranienne de l’accord ne diffère de ce qu’affirme l’équipe de négociation américaine», a ainsi déclaré le sénateur Lindsey Graham, qui a appelé à la publication immédiate du document.
Selon un haut responsable américain, les États-Unis ne sauront véritablement que dans deux à trois semaines si la volonté de l’Iran de faire des concessions sur le nucléaire est réelle. Dans le cas contraire, le processus pourrait être interrompu.
Selon des spécialistes américains cités par Axios, l’accord conclu par Donald Trump, s’il voit le jour, pourrait incarner une «victoire» pour les États-Unis uniquement si le volet nucléaire est respecté, ce qui était la «raison officielle» des bombardements. Autrement, il s’agirait d’un «échec», et seulement d’un «gain de temps» avant de probables nouveaux conflits dans la région.