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Le 16 juin 1940, ce jour où les Français auraient pu devenir Britanniques

À quelques heures près, la France et la Grande-Bretagne auraient pu fusionner Le 16 juin 1940, ce jour où les Français auraient pu devenir Britanniques [Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Le 16 juin 1940 aurait pu changer toute l'histoire de France. Quelques jours avant la signature de l'armistice de la France avec l'Allemagne, le 20 juin de la même année, un projet de fusion franco-britannique aurait dû voir le jour.

Une histoire peu connue de la Seconde Guerre mondiale. Les Français et les Britanniques auraient pu faire une nation unique le 16 juin 1940. En effet, le 10 mai 1940, l'offensive allemande avait commencé sur la France, et en quelques semaines, les Nazis étaient à Paris, forçant le gouvernement français à se replier à Bordeaux.

Mais Jean Monnet, alors haut fonctionnaire chargé de coordonner, depuis Londres, les productions française et anglaise d’armements, à l'idée de fusionner les deux pays pour ne faire plus qu'un seul. 

Il profite ainsi que Charles de Gaulle, sous-secrétaire d’État à la Défense, soit arrivé à Londres en juin 1940 pour lui soumettre l'idée. Même s'il y est opposé, il accepte d'en parler au Premier ministre britannique, Winston Churchill, qui en fait de même.

Un cabinet militaire commun

Ainsi dans un communiqué corédigé, il est écrit : «Les deux gouvernements déclarent que la France et la Grande-Bretagne ne seront plus à l’avenir deux Nations mais une seule union franco-britannique». «Tout citoyen français jouira immédiatement de la nationalité britannique, tout sujet britannique deviendra un citoyen français», peut-on encore lire. 

Le but : tout mettre en commun pour faire face à l'Allemagne nazie. «Pendant la guerre, il n'y aura qu'un seul cabinet de guerre et toutes les forces de l'Angleterre et de la France seront placées sous sa direction. Le cabinet gouvernera d'où il pourra. Les deux Parlements seront formellement associés.»

Paul Reynaud remercié

Charles de Gaulle a transmis par téléphone à Paul Reynaud, alors président du Conseil des ministres de France, ce projet. Une fusion à laquelle il est favorable.

Toutefois, le président de la République française, Albert Lebrun, a remercié Paul Reynaud le soir-même, et l'a remplacé par Philippe Pétain. Ce dernier étant en faveur d'une reddition française, a aussitôt entamé des négociations d'armistice avec l'Allemagne, et a donc enterré ce projet d'union, qui ne verra jamais le jour.

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