En Espagne, un salarié d’un restaurant Burger King a reçu une lettre de licenciement l’accusant d’avoir regardé un match de football au travail. L’affaire a été portée au tribunal du travail de Pontevedra, qui a finalement donné raison à l’employé.
En ces temps footballistiques, il est parfois peu aisé de dégager du temps pour regarder les rencontres qui s’enchaînent jour et nuit. Certains salariés profitent ainsi de leur temps de travail pour sortir leur téléphone afin de jeter un coup d’œil sur les résultats ou les matchs en cours. Au risque de se voir rabrouer par leur employeur.
En 2024, un employé espagnol d'un restaurant Burger King a ainsi eu la mauvaise surprise de recevoir une lettre de licenciement l’accusant d’avoir regardé un match de football sur son téléphone portable pendant son quart de travail. Ce manager, qui manipulait des aliments en même temps que son téléphone, a été surpris par les caméras de surveillance, comme le raconte le HuffPost Espagne.
L’employeur a également avancé plusieurs autres manquements censés justifier ce licenciement. Parmi ceux-ci, le salarié s’est vu accuser d’avoir quitté son lieu de travail avant l’heure à maintes reprises, ou encore d’avoir volé des boissons énergisantes dans la chambre froide.
L’employeur condamné à verser une indemnité
Loin de se laisser faire, l’employé remercié a pris la décision de porter l’affaire au tribunal du travail de Pontevedra. Au terme de la procédure, la juridiction a finalement donné raison au salarié, déclarant le licenciement abusif. Son employeur a été condamné à le réintégrer, ainsi qu’à lui payer les salaires dus et lui verser une indemnité de près de 15.000 euros.
Le tribunal a estimé que les incidents évoqués n’étaient pas constitutifs d’une faute grave. Si le salarié a bien manipulé des aliments en regardant son téléphone, il a été jugé qu’il s’agissait d’une pratique répandue parmi le personnel.
Concernant les autres chefs d’accusation, il a été prouvé que l’intéressé compensait certains excès de travail en entrant plus tard ou en partant plus tôt du travail. Enfin, le tribunal a reconnu que les boissons énergisantes prétendument volées appartenaient en réalité à l’employé.
Peu satisfait de cette décision, l’employeur a fait appel devant la Cour supérieure de justice de Galice. Celle-ci a conclu que le fait de regarder son téléphone pendant quelques minutes revêtait une importance mineure en raison du caractère ponctuel de l’incident. Là encore, le licenciement a été jugé abusif.