Israël a accusé ce vendredi le Hamas d'avoir tué les enfants Ariel et Kfir Bibas pendant leur captivité à Gaza, et de lui avoir remis le corps d'une personne inconnue à la place de celui de leur mère Shiri Bibas.
Attendus par tout un pays, les corps de la famille Bibas n’ont pas été restitués dans leur totalité, affirme Israël ce vendredi 21 février, dénonçant la substitution du corps de la mère, Shiri Bibas, avec un corps «non identifié». Il s’agit, selon Israël, d’une «violation flagrante» de l'accord de cessez-le-feu par le Hamas.
«Selon l'évaluation des autorités compétentes et sur la base des renseignements disponibles et des indicateurs de diagnostic, Ariel et Kfir Bibas ont été brutalement tués en captivité en novembre 2023 par des terroristes palestiniens», a affirmé sur Telegram le porte-parole de l'armée israélienne Avichay Adraee. De plus, l'un des quatre corps remis par le Hamas n'est pas celui de Shiri Bibas «ni celui d'aucun otage israélien. Il s'agit d'un corps non identifié», a ajouté le militaire.
De son côté, le Hamas a toujours affirmé qu'Ariel et Kfir Bibas, âgés respectivement de 4 ans et 8 mois et demi lors de leur enlèvement en Israël, avaient été tués dans des bombardements israéliens sur Gaza. Kfir Bibas était le plus jeune des 251 otages enlevés le 7 octobre 2023. Le père des deux enfants, âgé de 35 ans, a été libéré le 1er février. «Nous demandons au Hamas de rendre Shiri Bibas ainsi que toutes les personnes enlevées», a exigé Israël ce vendredi.
Une effroyable mise en scène
Si l’absence du corps de Shiri Bibas a plongé le pays dans la colère, la mise en scène utilisée par le Hamas pour rendre les autres dépouilles a suscité l’effroi partout en Israël et à travers le monde. En effet, jeudi, des combattants armés ont exposé à Khan Younes, dans le sud de Gaza, quatre cercueils noirs portant chacun la photo d'un des otages, sur un podium. Et au-dessus, un poster sur lequel Benjamin Netanyahou était représenté en vampire, le visage maculé de sang.
Cette mise en scène a été critiquée aussi bien en Israël qu'à l'étranger. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré que le pays était «fou de rage», l'ONU l'a qualifiée d'«abjecte et cruelle» et Berlin a dénoncé des «images à peine supportables». «C'est l'un des jours les plus difficiles depuis le 7-Octobre», a confié une Israélienne présente sur la place des otages, le regard grave. Une minute de silence a été observée lors d’une veillée aux chandelles en hommage aux otages.
Six otages libérés samedi
Ces dépouilles ont été restituées dans le cadre de la première phase de l'accord de cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d'une guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas. L'accord a déjà permis la libération de 19 otages israéliens contre plus de 1.100 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Samedi, le Hamas doit libérer six autres otages vivants contre d’autres prisonniers palestiniens.
L'accord prévoit, d'ici à la fin de sa première phase le 1er mars, la remise à Israël d'un total de 33 otages, dont huit morts, en échange de celle de 1.900 Palestiniens détenus par Israël. Mercredi, le Hamas s'est dit prêt à libérer «en une seule fois», et non plus en étapes successives, tous les otages encore retenus à Gaza lors de la deuxième phase. Mais les négociations pourraient être en péril après la non restitution du corps de Shiri Bibas.