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«C'est Nicolas qui paie» : que veut dire cette expression massivement relayée ces derniers jours sur les réseaux sociaux ?

Il s’agirait du Français moyen qui doit financer des services dont il ne serait pas vraiment bénéficiaire. [Capture d'écran X @eciotti]

Depuis plusieurs jours, l’expression «C’est Nicolas qui paie» est massivement relayée sur les réseaux sociaux. Elle désigne un homme trentenaire, salarié et caucasien qui «paierait» pour tout le monde, afin de pointer la charge fiscale et les aides sociales en France, en y ajoutant une dimension identitaire.

Qui est donc ce fameux Nicolas qui «paie» ? S’il est censé être un personnage fictif, il est désormais repris par une partie de l’échiquier politique pour pointer du doigt la politique fiscale et les aides sociales en France, en induisant le fait qu’il y aurait une partie de la France qui «payerait» pour une autre qui profiterait d’un certain assistanat. Il s’agirait du Français moyen qui doit financer des services dont il ne serait pas vraiment bénéficiaire.

Cette expression, reprise en boucle depuis la fin du mois d’avril sur les réseaux sociaux, après un commentaire devenu viral d’un internaute sous une publication montrant une facture «trop salée», véhicule plusieurs idées qui partent donc du ras-le-bol fiscal jusqu’à la question identitaire, avec le ressentiment qu’une catégorie de la population serait la grande victime du système, au profit de certains.

Si l’origine exacte de cette expression demeure floue, sa définition s’est depuis recentrée sur un homme trentenaire, salarié et caucasien (blanc) qui «paierait» la facture pour tout le monde, première victime du système fiscal et de la politique sociale en France.

jeune actif entre 30 et 40 ans au salaire moyen

Plus concrètement, Nicolas représenterait un jeune actif entre 30 et 40 ans, qui travaillerait beaucoup en ayant le sentiment de ne rien recevoir de la France en retour. Il gagnerait suffisamment d’argent pour ne pas bénéficier des aides sociales, tout en participant à leur financement, mais pas assez pour être à l’abri de la charge fiscale qui pèserait sur ses épaules en raison de l’important taux d’imposition sur le revenu dans l'Hexagone.

Le prénom Nicolas, qui a connu son heure de gloire en 1980 où il a été donné près de 22.000 fois, sert également à une partie de l’échiquier politique pour soulever la question identitaire, sous-entendant que le Français moyen «de souche» payerait aussi pour financer des aides sociales à destination d’une population plus précaire davantage issue de l’immigration, voire directement pour des étrangers.

Dans la réalité, cette expression «fourre-tout» est souvent utilisée pour désigner toutes les formes d’injustices, qu’elles soient vérifiées ou non, et surtout la colère d’un contribuable qui se sent oublié. Elle a par ailleurs donné lieu à de nombreux détournements comme le #JesuisNicolas qui permet aux internautes de raconter leurs anecdotes et pour certains de s’identifier à ce personnage fictif.

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