Deux anciens employés d’une entreprise de Sedan ont été poursuivis pour avoir introduit de l’air comprimé dans le rectum d’un collègue en octobre 2023. Les faits, d’une rare violence, ont été examinés par le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières.
Une brutalité inconcevable. Deux anciens salariés d’une entreprise sidérurgique de Sedan (Ardennes) ont comparu devant le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières pour un acte de «bizutage» d’une rare violence. Ils ont été accusés d’avoir, en octobre 2023, introduit de l’air comprimé dans le rectum d’un collègue à l’aide d’un compresseur pneumatique. L’affaire a été examinée le 30 juin par le tribunal correctionnel. Le verdict est attendu pour le 8 septembre.
Les faits ont provoqué de graves lésions internes chez la victime, un homme d’une trentaine d’années, récemment promu chef d’équipe. Il a subi une perforation intestinale ainsi qu’une interruption temporaire de travail de plus de huit jours, ont rapporté nos confrères de chez France 3.
Le procureur a requis deux ans de prison avec sursis à l’encontre des deux accusés.
L’un des prévenus a maintenu la victime par les épaules pendant que l’autre a actionné l’appareil. À la barre, l’un a reconnu les faits, tandis que l’autre a contesté toute volonté de nuire, affirmant avoir seulement «tenu» son collègue sans avoir conscience de ce qui allait se produire.
«il ne pourra plus vivre comme avant»
Me Richard Delgenes, avocat de la victime, a décrit son client comme un «homme traumatisé qui ne peut plus vivre comme avant, ni sur le plan personnel, ni professionnel».
La défense, de son côté, a mis en cause l’éventuelle responsabilité de l’entreprise AFS Sedan. Me Meunier a dénoncé l’absence de formation à l’usage du compresseur, en citant plusieurs arrêts de la Cour de cassation reconnaissant la responsabilité d’employeurs dans des affaires similaires.
Me William Ivernel, avocat de la société, a rejeté toute implication : «Ce n’est pas au tribunal pénal de juger une éventuelle faute de l’employeur. Ce serait au pôle social du tribunal judiciaire, et uniquement à l’initiative de la victime.»