Dans une vidéo diffusée ce lundi 8 décembre, Brigitte Macron a qualifié de «sales connes» des militantes féministes qui avaient interrompu un spectacle de l'humoriste Ary Abittan samedi soir.
La Première dame ne mâche pas ses mots. Après l'interruption du nouveau spectacle «Authentique» de l'humoriste Ary Abittan samedi soir par quatre militantes du collectif féministe #NousToutes, Brigitte Macron les a qualifiées de «sales connes» dans une vidéo diffusée, ce lundi 8 décembre, sur le site du magazine Public.
Arborant des masques à l'effigie de l'acteur avec l'inscription «violeur», les activistes ont scandé «Abittan violeur» durant sa représentation dans la salle parisienne des Folies Bergère, faisant référence à la plainte pour viol déposé fin 2021 par une jeune femme de 23 ans qu'il fréquentait.
D'abord mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, il a ensuite bénéficié du statut de témoin assisté. Après trois ans d'enquête, l'instruction s'est conclue par un non-lieu confirmé en appel en janvier dernier.
Toutefois, son retour sur scène est depuis contesté par des organisations féministes, protestant régulièrement devant les salles dans lesquelles il se produit.
«Un non-lieu n’efface pas la parole et les ITT d’une femme»
La Première dame, venue assister à une représentation le lendemain, avec sa fille Tiphaine Auzière, a apporté son soutien à l'artiste en coulisses avant le spectacle, comme le montre une vidéo polémique.
«J'ai peur», lui a-t-il confié, ce à quoi l'épouse du chef de l'État a répondu en riant : «S'il y a des sales connes, on va les foutre dehors [...] Surtout des bandits masqués».
Sur le réseau social X, la députée de La France insoumise (LFI) Sarah Legrain a dénoncé ces propos, déclarant : «Brigitte Macron insulte les féministes mobilisées contre la programmation par les Folies Bergère d’Ary Abittan accusé de viol. Un non-lieu n’efface pas la parole et les ITT d’une femme».
« S'il y a les sales connes, on va les foutre dehors ! »
Brigitte Macron insulte les féministes mobilisées contre la programmation par les Folies Bergère de Bolloré d’Ary Abittan accusé de viol.
Un non-lieu n’efface pas la parole et les ITT d’une femme.
pic.twitter.com/1mVHXvimCl— Sarah Legrain (@S_Legrain) December 8, 2025
Contacté par l'AFP, l'entourage de Brigitte Macron a affirmé qu'il ne fallait «voir dans cet échange qu'une critique de la méthode radicale employée par ceux qui ont perturbé, masqués, le spectacle d'Ary Abittan samedi soir pour empêcher que l'artiste se produise sur scène». «Brigitte Macron n'approuve pas cette méthode radicale», a précisé cette même source.
Lors d'une interview dans L'Heure des Pros le 12 novembre dernier, Ary Abittan s'est exprimé sur cette affaire classée, révélant qu'il avait envisagé d'abandonner sa carrière, avant de finalement décider d'aborder ce sujet dans son nouveau spectacle.
«On a tous été bousculés par la vie. On a tous eu des épreuves. J’ai la chance d’être artiste et cette épreuve, j'en ai fait un spectacle. Quand la douleur est trop forte, il faut rire sinon il ne reste plus rien», a-t-il déclaré après être «resté dans le silence pendant longtemps».