Un mois après sa sortie de prison, Nicolas Sarkozy publie son livre «Journal d'un prisonnier» ce mercredi. L'ancien président de la République y raconte ses vingt jours passés derrière les barreaux à travers des confessions et des anecdotes.
Un livre très attendu. Incarcéré pendant vingt jours à la prison de la Santé, à Paris, entre la fin du mois d'octobre et début novembre, Nicolas Sarkozy a mis son temps derrière les barreaux à profit pour écrire un livre intitulé «Journal d'un prisonnier». L'ouvrage sort en librairie ce mercredi 10 décembre.
Tout au long des 216 pages, le prisonnier numéro 320535 se confie sur son passage en prison, entre anecdotes, confessions et analyses, rapportées par le JDD.
le livre d'antoine de Saint-Exupéry
Nicolas Sarkozy s'épanche notamment sur ses lectures, qui lui ont permis de passer le temps lors de ses vingt jours d'enfermement. Un livre l'a particulièrement marqué, «Lettre à un otage» d'Antoine de Saint-Exupéry. L'ancien président de la République raconte qu'une phrase l'a fait réfléchir : «Le désert n'offre aucune richesse tangible... L'Homme est gouverné par l'esprit».
Ces mots vont raisonner en Nicolas Sarkozy, qui va alors faire le parallèle entre le désert d'Antoine de Saint-Exupéry et la prison de la Santé : «À l'image du désert, la vie intérieure se fortifie en prison. Il n'y a pas d'alternative pour celui qui refuse d'être brisé par l'épreuve comme par l'enfermement. C'était devenu mon mantra», écrit Nicolas Sarkozy. «Essayer à tout prix d'être gouverné par l'Esprit et non par le moral du moment. Surtout ne pas demeurer enfermé, s'évader par la pensée, se laisser emporter par les forces invisibles», poursuit-il.
l'épreuve de l'enfermement
Dans son livre, Nicolas Sarkozy revient également sur l'enfermement. Une «épreuve» qu'il a essayé de mettre à profit plutôt que de la subir : «Chacun devrait prendre le temps de réfléchir à l'enfermement, au face-à-face avec soi-même qu'il impose, à la disponibilité d'esprit qu'il autorise et qui permet de percevoir de nouvelles émotions. La prison fut pour moi une épreuve que j'ai essayé de rendre la plus productive possible. On a coutume de dire que l'on apprend à tout âge. C'est vrai, car j'ai beaucoup appris à la Santé, sur les autres comme sur moi-même».
L'ancien chef de l'Etat indique également avoir été étonné de l'immense soutien qu'il a reçu à travers les centaines de lettres qui lui sont parvenues quotidiennement en prison.
SON QUOTIDIEN EN PRISON
Après vingt jours passés derrière les barreaux, Nicolas Sarkozy a gardé un bon souvenir des surveillants pénitentiaires qui l'ont accueilli, beaucoup moins de son quotidien à la Santé : «Au moment où je pénétrais à l'intérieur des murs, je fus aussitôt entouré par le personnel pénitentiaire en charge de ma surveillance. Ils étaient quasiment tous originaires des territoires ultramarins. Grands gabarits, souriants et sympathiques. Je serrai la main de chacun. J'ai senti leur empathie embarrassée et leur étonnement de me voir incarcéré».
En ce qui concerne son quotidien, l'homme de 70 ans raconte : «Ma cellule était celle des autres détenus. Elle n'avait pas été construite pour moi. Mon quotidien était le même si ce n'est que mon régime était plus sévère. Ainsi, à la différence du quartier des personnes vulnérables ou VIP, ma porte était constamment fermée. Je ne pouvais jamais quitter ma cellule et déambuler dans le couloir. J'avais plutôt moins de droits que les autres détenus», raconte-t-il au détour d'une anecdote concernant deux parlementaires LFI qui s'étaient rendus à la Santé afin de s'assurer que Nicolas Sarkozy ne bénéficiait pas «d'avantages indus».
Une version démentie par les principaux intéressés. Ugo Bernalicis, qui était accompagné de Danièle Obono pour cette visite à la prison de Santé, a assumé un «coup de com’» mais a réfuté vouloir voir l'ancien chef de l'Etat. «Nous n’avons jamais demandé à voir Nicolas Sarkozy», avait-il certifié, dans un communiqué.
Dans son livre, Nicolas Sarkozy a également confié avoir assuré à Marine Le Pen qu'il ne s'associera pas à un «front républicain» contre le RN.