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Ramzan Kadyrov : voici tout ce qu’il faut savoir sur le dictateur tchétchène

Ramzan Kadyrov est un fidèle allié de Vladimir Poutine. [Sergei BOBYLYOV / POOL / AFP]

Au pouvoir depuis 2007, le président pro-russe de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov souffrirait de graves problèmes de santé. Méconnu du grand public, il joue pourtant un rôle majeur dans la politique russe, et notamment dans la guerre en Ukraine.

Un dictateur discret mais puissant. Fidèle de Vladimir Poutine, qui l’a placé au pouvoir en Tchétchénie, qui est Ramzan Kadyrov, cet homme politique redouté jusque dans ses rangs ? 

Ancien séparatiste et nommé vice-Premier ministre tchétchène en 2004, à la suite de l’assassinat de son père Akhmad Kadyrov, alors président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov est né en 1976 dans le village de Tsentaroi, situé dans cette république russe du Caucase. 

Ramzan Kadyrov a baigné très jeune dans la politique de son pays. Adolescent, lors du premier conflit sécessionniste avec Moscou (1994-1996), il a combattu contre les forces russes aux côtés de son père, avant que ce dernier ne fasse volte-face et s’allie finalement à Vladimir Poutine

Il est alors rapidement devenu le bras armé de son père grâce aux milices qu’il a créées, les «kadyrovtsi». Selon lui, «Il ne pouvait pas faire d’études, il y avait des guerres, il fallait faire la guerre», avait-il déclaré en 2003. 

Ramzan Kadyrov a finalement été nommé président de la Tchétchénie par Vladimir Poutine le 2 mars 2007, à 30 ans. Il a ainsi succédé à Alou Alkhanov, président démissionnaire. 

Un culte de la personnalité et un régime de terreur 

Aidé de ses milices, Ramzan Kadyrov n’hésite pas à semer la terreur au sein de son pays, notamment pour punir ses opposants et leurs familles. Il est par ailleurs accusé par de nombreuses ONG et journalistes de très graves violations des droits humains. 

Parmi elles, des enlèvements, l’usage de la torture, des exécutions sans inculpation ni procès, des emprisonnements grâce à des condamnations truquées, des intimidations et des humiliations publiques ou encore des détournements de fonds. 

Ramzan Kadyrov est notamment soupçonné d’être le commanditaire de l’enlèvement et de l’assassinat de Natalia Estemirova, une journaliste et militante tchétchène, en 2009. 

Malgré sa fidélité à Vladimir Poutine, le président tchétchène estime néanmoins que la loi islamique est supérieure «aux lois de la fédération de Russie». Il impose ainsi le voile aux habitantes tchétchènes, l’alcool est interdit et la polygamie est préconisée. 

En Tchétchénie, les autorités font également appliquer un culte de la personnalité de Ramzan Kadyrov, imposant son portrait dans de nombreux lieux publics, notamment à Grozny, capitale de cette république. 

Au sein de son pays, Ramzan Kadyrov est connu pour ses goûts exubérants. Il s’affiche régulièrement au volant de grosses cylindrées, se déplaçant dans un cortège de 4X4 Porsche notamment. De plus, sa résidence officielle est ornée de deux gigantesques lions en bronze. Selon certaines rumeurs, il posséderait aussi un tigre et un ours. 

Un héros de la Russie 

Marionnette ou fidèle soldat, Ramzan Kadyrov a été reconduit à la présidence de la Tchétchénie en 2016, à nouveau par Vladimir Poutine. Ce dernier lui a par ailleurs décerné la médaille du «Héros de la Russie», la plus haute distinction du pays, et Ramzan Kadyrov a également été nommé académicien de l'Académie des sciences naturelles de la Russie et de celle de la République tchétchène. 

Et pour cause, le président tchétchène s’efforce d’effacer le passé incriminant de la Russie vis-à-vis de la Tchétchénie. Ramzan Kadyrov a ainsi interdit la célébration de l’anniversaire de la déportation forcée de nombreux Tchétchènes en 1994 et rebaptise régulièrement les noms des rues de la capitale du nom de hauts gradés russes, pourtant soupçonnés d'exactions sur des civils lors de la dernière guerre russo-tchétchène (1999-2009). 

En février 2022, Ramzan Kadyrov a également félicité la décision du Kremlin d’envahir l’Ukraine. Depuis, il n’a cessé d’envoyer des militaires tchétchènes sur le front et de menacer Kiev et ses alliés. 

Enfin, son nom est aussi affilié à l’assassinat de Boris Nemtsov, un opposant majeur de Vladimir Poutine, en 2015. Pour toutes ces raisons, Ramzan Kadyrov fait l'objet depuis 2014 d'une interdiction de séjour sur le territoire des pays de l'Union européenne.

Un dictateur affaibli ? 

Depuis plusieurs années, de nombreuses rumeurs circulent quant à la santé de Ramzan Kadyrov. En 2023 déjà, plusieurs sources avaient indiqué qu’il était mourant. 

Trois ans plus tard, ces rumeurs font encore parler d’elles. Ce dimanche, l’agence de presse du gouvernement ukrainien Ukrinform a affirmé sur ses réseaux que «les reins de Ramzan Kadyrov ont lâché».  

Citant des informations de la direction générale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien, l’agence a ajouté qu’il serait actuellement dans son propre hôpital en Tchétchénie.  

Pourtant, début janvier, l’un des proches collaborateurs de Ramzan Kadyrov avait publié une vidéo dans laquelle on le voit en compagnie de ce dernier, qui profite de l’occasion pour démentir ces informations. 

Selon d’autres rumeurs, le président tchétchène serait néanmoins en train de préparer sa succession. Parmi les candidats les plus probables, les noms de Magomed Daudov, Apti Alaudinov et Akhmat, le fils aîné de Ramzan, sont ceux qui reviennent le plus.

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