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Festival de la BD d'Angoulême : l'édition 2027 sera confiée à l'organisateur des Francofolies

Plus gros événement culturel du département de la Charente, le FIBD attirait jusqu'ici quelque 200.000 visiteurs à Angoulême, selon la municipalité. [Christophe ARCHAMBAULT / AFP]

L’organisation de la prochaine édition du festival de la BD à Angoulême en 2027 a été confiée au groupe Morgane, porté par Marie Parisot et Céline Bagot. Ce choix a été validé par l’ADBDA, mais contesté par l’organisateur historique 9e Art+, qui a engagé une action en justice pour concurrence déloyale. 

Nouveau rebondissement pour le festival de la BD d’Angoulême. Son organisation pour un nouvel événement en 2027 a été confiée au groupe Morgane. Et plus précisément, à deux femmes spécialistes du secteur, qui gèrent déjà les Francofolies et le Printemps de Bourges

Il s’agit de Marie Parisot, ex-cadre des éditions Dargaud, et de Céline Bagot, fondatrice du Pop Women Festival à Reims. Leur projet au sein du groupe Morgane a retenu l’attention de l'Association pour le développement de la BD à Angoulême (ADBDA), missionnée par les pouvoirs publics après l’éviction de l’organisateur historique.

Le groupe Morgane aux manettes des Francofolies et du Printemps de Bourges

Créé en 1992, le groupe Morgane est aux manettes de deux festivals français de musique, les Francofolies de La Rochelle et le Printemps de Bourges. Il réunit plusieurs filiales de production audiovisuelle et événementielle, et emploie 140 salariés. Le projet retenu, «répond aux attentes de l'ensemble de la filière en termes d'exigence artistique, de diversité des esthétiques» et «confirme la place centrale des autrices et auteurs», a fait valoir l'ADBDA dans un communiqué ce mardi 21 avril. 

Cette décision n’a pas plu à la société 9e Art+, qui organisait le Festival international de la bande dessinée (FIBD) depuis deux décennies. La société a engagé une action en justice au civil, pour «parasitisme» et «concurrence déloyale», aux côtés de l'association FIBD qui détient les droits du festival d'Angoulême depuis sa création en 1974. Elle dénonce une «appropriation brutale» du rendez-vous charentais de la bande dessinée. 

Une audience prévue le 20 mai

Les requérantes réclament ainsi l'annulation de l'appel à projets et l'interdiction de «tout acte tendant à l'organisation» d'un événement alternatif l'an prochain, s'estimant victimes d'une «tentative de spoliation». Une audience, reportée la semaine dernière, est prévue le 20 mai à Angoulême. La semaine dernière, elles en avaient appelé à la ministre de la Culture, Catherine Pégard, pour sortir de cette crise et éviter la «disparition» de l'évènement. 

Plus gros événement culturel du département de la Charente, le FIBD attirait jusqu'ici quelque 200.000 visiteurs à Angoulême, selon la municipalité, avec d'importantes retombées économiques pour le secteur de l'hôtellerie-restauration. 

L’édition 2025 avait été marquée par de nombreuses polémiques. De nombreux auteurs et autrices avaient appelé au boycott du festival 2026, dénonçant une dérive mercantile et le licenciement, en 2024, d'une salariée de 9e Art+ qui venait de déposer plainte pour un viol survenu en marge de l'événement.

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