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Vapotage : une étude alerte sur les liens entre les saveurs et les modèles utilisés avec le développement de maladies comme le cancer

Selon les chercheurs, les arômes «multi» fruités, ainsi que les appareils rechargeables sont ceux qui modifient le plus le génome. [Illustration Nicolas TUCAT / AFP]

Certains arômes et certains modèles de cigarettes électroniques pourraient conduire plus facilement à développer des maladies chroniques graves et des cancers, alerte une étude. 

Vapoter est-il dangereux pour la santé ? C’est la question que se posent les scientifiques, alors que les maladies chroniques mettent des décennies à se manifester. Des chercheurs de l’University of Southern California (USC) ont révélé que les gènes des vapoteurs varient davantage que ceux des fumeurs, ainsi que des non-fumeurs, et ce de façon plus ou moins importante selon les arômes utilisés. Des variations qui peuvent ouvrir la voie plus facilement à des maladies graves comme le cancer.

Les cigarettes électroniques étant relativement récentes, leurs risques pour la santé à long terme restent flous. Pour les mesurer, des chercheurs ont comparé les modifications génétiques liées au vapotage, avec celles liées aux maladies chroniques respiratoires, ou encore celles impliquées dans le développement du cancer, ainsi que de certaines maladies cardiaques et pulmonaires. Des recherches antérieures avaient déjà montré que le tabagisme était ainsi associé à ces variations du génome. 

modifications génétiques liées aux arômes 

Pour ce faire, les chercheurs ont comparé, grâce au séquençage de l'ARN, les variations du génome de 83 personnes, dont des vapoteurs, des fumeurs et des non-fumeurs. Ils ont constaté que les deux tiers des variations génétiques pouvaient s'expliquer par l'arôme de la cigarette et par le type d'appareil utilisé, ce qui suggère que la composition chimique des produits ainsi que la conception et la configuration des appareils jouent un rôle majeur dans leurs effets biologiques sur l’être humain.

Selon les résultats de l’étude publiée dans Frontiers in Oncology, les personnes qui vapotent présentent des variations de 3.124 gènes par rapport à celles qui ne fument ni ne vapotent. Si certaines de ces modifications (28,8%) sont liées à la fréquence de vapotage, une part bien plus importante (66,6%) est liée au type d’arômes et d’appareils utilisés. Selon les chercheurs, les arômes «multi» fruités, ainsi que les appareils rechargeables sont ceux qui modifient le plus le génome.

«Cela implique que chaque arôme possède des caractéristiques uniques qui produisent des effets biologiques différents», a déclaré Ahmad Besaratinia, professeur de santé publique à la Keck School of Medicine de l'USC et auteur principal de l'étude, qui a été financée en partie par le National Institute of Health. «C'est un élément que les régulateurs devraient prendre soigneusement en compte lorsqu'ils évaluent les risques pour la santé de chaque produit de cigarette électronique aromatisé».

Un risque accru pour la santé 

«Ces différences entre les produits expliquent davantage les variations génétiques que la quantité ou la fréquence de vapotage», selon Ahmad Besaratinia. Les chercheurs ont ensuite mené une analyse afin d’identifier les maladies liés aux changements génétiques qu’ils ont observés. Chez les vapoteurs, le cancer est associé au plus grand nombre de modifications génétiques, suivi des troubles endocriniens, des maladies gastro-intestinales et des maladies neurologiques.

Ces conclusions revêtent une importance particulière alors que la Food and Drug Administration (FDA) finalise ses recommandations sur les cigarettes électroniques aromatisées. «Les autorités ont pour mission de vérifier que les avantages liés à l’utilisation des cigarettes électroniques chez les adultes l’emportent sur les risques qu’elles présentent pour les jeunes», résume Ahmad Besaratinia. «Mais nous montrons ici que la consommation de produits aromatisés est associée à des modifications génétiques liées à des maladies, quel que soit l’âge», a-t-il averti.

Certains liquides de vapotage à éviter ? 

Les chercheurs recommandent donc aux autorités de réglementation d'évaluer les produits de manière plus fine, en accordant une plus grande attention aux arômes et aux caractéristiques des appareils. De plus, les appareils les plus récents peuvent délivrer des taux de nicotine plus élevés que les cigarettes électroniques de première génération, et beaucoup contiennent également des additifs potentiellement toxiques destinés à rendre le vapotage plus doux et plus attrayant. 

Ahmad Besaratinia et ses collègues mènent actuellement une étude de suivi sur les substances chimiques utilisées dans les liquides de vapotage afin de déterminer quels composés sont liés à des modifications génétiques. «Une fois ces substances identifiées, les décideurs politiques pourraient demander aux fabricants soit de les éliminer, soit d’en réduire la concentration dans les cigarettes électroniques afin de minimiser les risques potentiels», a-t-il déclaré.

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