Alors qu’il vient de démissionner de son poste de parrain de l’association caritative Sentebale, créée en 2006 en hommage à sa mère, le prince Harry a été accusé ce dimanche de «harcèlement et d'intimidation» par la présidente de cette ONG.
Un conflit interne qui s’intensifie. «Le cœur lourd», le prince Harry a annoncé le 25 mars dernier renoncer à sa fonction de parrain de l'ONG Sentebale, fondée en 2006 à la mémoire de sa mère Diana pour venir en aide à des orphelins du sida. L'association était l'un des rares engagements caritatifs qu'il avait conservés après sa rupture explosive avec la monarchie britannique en 2020, et la perte de ses patronages royaux.
Le prince Harry aurait, selon lui, pris la décision commune de démissionner avec le cofondateur de Sentebale, le prince Seeiso du Lesotho, et en «solidarité» avec les cinq membres du conseil d'administration qui sont partis en raison de leur conflit avec cette même présidente de la structure. Ces cinq personnes avaient toutes réclamé le départ de l’avocate.
Mais le fils cadet du roi Charles III est accusé de «harcèlement et d'intimidation» par la présidente de cette association, l’avocate zimbabwéenne Sophie Chandauka, âgée de 47 ans, qui a pris ses fonctions en juillet 2023.
The chair of a charity set up by Prince Harry has accused him of 'harassment and bullying at scale' by 'unleashing the Sussex machine' after he quit.
A source close to the former trustees of the Sentebale charity has described the claims as 'completely baseless'. pic.twitter.com/4jc2nMcINh— Sky News (@SkyNews) March 29, 2025
Une culture du «silence» évoquée
Dans un entretien accordé ce dimanche 30 mars à la chaîne Sky News, Sophie Chandauka s'en est directement pris au prince Harry l'accusant d'avoir tout entrepris pour lui faire quitter son poste dans l'organisation. «Ce que le Prince Harry voulait faire, c'était m'éjecter. Cela a duré des mois, sous forme d'intimidation, de harcèlement», a-t-elle lancé, assurant «avoir des preuves à ce sujet». La chaîne a tenté de joindre le prince, exilé en Californie avec son épouse Meghan Markle et leurs deux enfants, mais n'a pas obtenu de réponse.
La présidente de l'ONG, elle-même accusée de mauvaise gouvernance par une partie du conseil d'administration, affirme qu'il existait une culture du «silence» au sein de l'organisation, les membres du conseil d'administration hésitant à s'exprimer contre le duc de Sussex ou à simplement parler de sujets qui fâchent. Comme celui de la perte de nombreux donateurs, qui serait, selon l'avocate, liée au départ du prince du Royaume-Uni en 2020.
Elle est également revenue sur la décision du frère de William d'amener une équipe de tournage de la plate-forme Netflix - avec qui il a signé un contrat très juteux - à la collecte de fonds de l'organisation caritative l'année dernière, qui s'était tenue durant un match de polo. Les images, qui ont circulé dans le monde entier, montraient une scène assez étrange entre la patronne de l'organisation et la duchesse de Sussex, Meghan Markle, toutes deux voulant tenir le trophée sur scène. Après cet événement, le prince Harry «m'a demandé de faire une sorte de déclaration pour soutenir la duchesse», a assuré Sophie Chandauka.
Les méthodes de Sophie Chandauka vivement critiquées
Cependant, l'ancien administrateur du conseil d'administration, Kelello Lerotholi, a confié à Sky News ne jamais avoir été témoin d'une telle demande de la part du prince Harry. «Je peux dire honnêtement que lors des réunions auxquelles j'ai assisté, il n'y a jamais eu la moindre allusion à ce sujet», a-t-il déclaré.
Quant à Lynda Chalker, qui a été membre du conseil d'administration de l'organisation caritative africaine du prince Harry pendant près de vingt ans, elle a évoqué auprès du journal The Times le style «presque dictatorial» de Sophie Chandauka.
Le prince Harry a cofondé Sentebale lorsqu'il avait 21 ans, pour poursuivre le travail de sa défunte mère, la princesse Diana, très engagée dans la lutte contre le sida. Cette association œuvre notamment auprès des enfants et des jeunes rendus orphelins par l'épidémie de sida au Lesotho, petit pays pauvre et enclavé dans l'Afrique du Sud, et du Botswana.