Elle avait déclaré au procès pour trafic sexuel de Diddy qu’il se montrait d’une violence extrême et qu'il l'avait contrainte à des actes sexuels «humiliants». La chanteuse Cassie implore le juge de ne pas le libérer, craignant de sa part de terribles représailles.
Ses traumatismes et sa crainte sont immenses. La chanteuse Cassie, qui avait pendant le procès témoigné des violences qu’elle avait subies lorsqu’elle était la compagne du rappeur et producteur Sean «Diddy» Combs, a ce mardi écrit une lettre dans laquelle elle fait part de sa peur de le voir être libéré, craignant ses représailles.
Dans sa missive adressée au juge Arun Subramanian, qui doit annoncer ce vendredi la sentence contre l’ancien magnat du hip-hop - condamné pour deux chefs d’inculpation liés à la prostitution et acquitté de trafic sexuel et de conspiration de racket - la chanteuse écrit : «Je sais que ce qu’il a été pour moi – le manipulateur, l’agresseur, l’abuseur, le trafiquant – c’est ce qu’il est en tant qu’être humain.»
Pour celle qui dit avoir été sous le joug d’une relation abusive entre 2007 et 2018, Diddy «restera toujours le même homme cruel, avide de pouvoir et manipulateur qu’il est», car «il n’a aucun intérêt à changer ou à devenir meilleur».
Toujours dans la lettre de trois pages qu’a pu consulter People, Cassie déclare : «J’ai tellement peur que, s’il est libéré, ses premières actions soient des représailles rapides contre moi et d’autres personnes qui ont parlé de ses abus lors du procès. Même si j’ai fait beaucoup de progrès pour me remettre de ses abus, j’ai toujours très peur de ce dont il est capable et de la malveillance qu’il nourrit sans aucun doute à mon égard pour avoir eu le courage de dire la vérité».
traumatisée à vie
«Je fais toujours des cauchemars et des flashbacks me reviennent régulièrement, chaque jour, et j’ai toujours besoin d’un suivi psychologique pour faire face à mon passé», ajoute-t-elle, exhortant le juge à laisser Diddy en prison.
Elle souligne le caractère foncièrement malhonnête de son ancien partenaire, donnant pour exemple le fait qu’il a continué de nier l’avoir frappée malgré les preuves irréfutables soumises aux jurés, telle que la vidéo de surveillance d’un hôtel dans laquelle on pouvait la voir se faire battre par lui.
Elle tient à rappeler que si elle a participé aux «freak-offs» (ces marathons sexuels sous drogues durant lesquels Diddy regardait ses compagnes avoir des relations avec des prostitués), c’était sous la contrainte de son compagnon de l’époque. «Bien que le jury n’ait pas semblé comprendre ou croire que j’y ai participé à cause de la contrainte et de la coercition que l’accusé a exercées sur moi, je sais que c’est la vérité, et sa peine devrait refléter la réalité des preuves ainsi que mon vécu en tant que victime», explique-t-elle dans sa missive adressée au juge.
Ce dernier sera-t-il à l’écoute de Cassie ? Alors que les avocats de Diddy se sont cette semaine vus refuser leur nouvelle demande de libération dans laquelle ils mettaient en avant la «bonne conduite» de leur client depuis son incarcération en septembre 2024, les procureurs ont de leur côté requis une peine d'«au moins 11 ans de prison» à son encontre.
Pour mémoire, à l’issue de son très médiatique procès, Diddy a été reconnu coupable de deux chefs d’inculpation en lien avec la prostitution, qui pourraient lui valoir jusqu’à vingt ans d'emprisonnement. Il a en revanche été déclaré non-coupable des accusations de racket et trafic sexuel qui auraient pu lui coûter la prison à perpétuité. Son sort sera scellé vendredi.