L'expression «caprice de star» ne porte pas son nom pour de mauvaises raisons. S'il arrive que certaines vedettes soient victimes de rumeurs concernant leur mauvais caractère, à l'instar de Jennifer Lopez ou de Madonna, les célébrités suivantes l'assument haut et fort : sur un plateau de tournage, elles ne sont pas faciles à vivre.
Val Kilmer
Récemment, le regretté Val Kilmer, popularisé par le cultissime «Top Gun», a fait la une des journaux lorsque le réalisateur de «Conspiracy», Adam Marcus, l’a qualifié de «pire être humain qu'[il n'ait] jamais connu» dans un message publié sur les réseaux sociaux. Mais nul besoin qu'on lui casse du sucre dans le dos, le comédien avait lui-même reconnu être difficile.
Dans un documentaire sorti en 2021 qui lui était consacré, et dans lequel étaient retracées sa vie et sa carrière dans le 7e art, Val Kilmer avait admis : «Je me suis mal comporté. Je me suis comporté de manière bizarre aux yeux de certains. Je ne nie rien de tout cela et je n’ai aucun regret, car j’ai perdu et retrouvé des parties de moi-même dont je ne soupçonnais même pas l’existence».
Bill Murray
Bien que Bill Murray soit connu pour incarner à l'écran un crétin attachant, il s'est néanmoins forgé la réputation d'être un collègue difficile. Un exemple typique : l'acteur de «Ghostbusters» s'est un jour battu à coups de poing avec Chevy Chase dans l'émission «Saturday Night Live». Un comportement répréhensible ayant donné lieu à plusieurs autres incidents bien documentés. Le comédien s'est notamment disputé avec le réalisateur Harold Ramis pendant le tournage du film «Un jour sans fin», un conflit ayant mis fin à leur amitié.
Des plaintes ont également été formulées concernant son comportement sur le tournage du film d'Aziz Ansari, «Being Mortal», entraînant la suspension de la production. Bill Murray avait évoqué ce dernier incident avec une certaine contrition, expliquant : «Le monde est différent de ce qu’il était quand j’étais petit. Vous savez, ce que je trouvais toujours drôle quand j’étais enfant n’est pas forcément ce qui est drôle aujourd’hui»
Christian Bale
En 2008, Christian Bale a fait le buzz pour de mauvaises raisons lorsqu’un enregistrement audio de l'une de ses crises de colère sur un plateau de cinéma a été rendu public. Pendant le tournage de «Terminator Renaissance», l'acteur s’en est pris au directeur de la photographie du film, Shane Hurlbut, après que celui-ci se soit mis dans son champ de vision. S'en était ensuivie une tirade truffée d’insultes au cours de laquelle le comédien popularisé par «American Psycho» s’était acharné sur le membre de l'équipe, le menaçant de le faire renvoyer s’il recommençait.
Un an plus tard, celui qui était apparu décharné dans «The Machinist» avait présenté des excuses publiques, et avait qualifié son comportement d'«inexcusable». «Personne n'a été plus durement touché que moi par cet enregistrement. Ce qui me dérange le plus, c'est d'entendre beaucoup de gens dire que j'ai l'air de me croire supérieur à tout le monde», avait-il déclaré. «Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Je suis un homme chanceux, je ne l’oublie jamais, et c’est pourquoi je m’investis autant dans ce que je fais, pourquoi j’y tiens tant et pourquoi, parfois, cet enthousiasme dérape», avait conclu le caméléon d'Hollywood, adepte de la métamorphose pour ses rôles. Christian Bale avait attribué cette crise de colère à une semaine particulièrement difficile, ainsi qu’à une immersion trop profonde dans son personnage.
Edward Norton
Edward Norton, révélé dans le monument du cinéma «Fight Club», s’est forgé une réputation de perfectionniste à Hollywood, et c’est peut-être la raison pour laquelle il s’entend si bien avec le réalisateur Wes Anderson. Après s’être opposé à Tony Kaye, le réalisateur d'«American History X», au sujet de l’orientation créative du film, et après avoir apparemment cherché à exercer davantage de contrôle sur «L’Incroyable Hulk» des studios Marvel, Edward Norton a pris conscience que le milieu hollywoodien et le public le percevaient d’une certaine manière.
Interrogé sur sa réputation lors d’une interview accordée en 2019 au New York Times Magazine, le comédien a déclaré : «Les gens font tout un drame des incidents qui surviennent entre des personnes passionnées et soucieuses de leur travail». Mais force est de constater que l'acteur, aux abonnés absents entre 2016 et 2019, semble bien conscient de son caractère, allant jusqu'à jouer l'autodérision. Dans le film «Birdman», il incarne une caricature de sa propre image de célébrité, un acteur prétentieux et autoritaire, si difficile à vivre que personne ne veut travailler avec lui.
Sean Penn
Lorsqu’il a reçu l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans «Harvey Milk», Sean Penn n'a pas hésité à faire allusion à sa réputation de longue date. «Je ne m’y attendais pas… et je sais à quel point il est souvent difficile de m’apprécier», avait-t-il déclaré dans son discours de remerciements. L'acteur avait davantage évoqué sa notoriété lors d’une interview avec Howard Stern en 2020, se décrivant comme une personne «difficile à aimer» et «pas très douée avec les gens».
«Il m’est arrivé à plusieurs reprises de travailler avec des réalisateurs qui, selon moi, auraient mieux fait de chercher un autre métier, et qui n’étaient peut-être pas les conteurs que, nous les acteurs, espérions», a-t-il expliqué, avant de poursuivre : «Les acteurs sont en quelque sorte des gueules noires dans les mines de charbon, ce qui signifie que sur le plan émotionnel, il faut être capable d'aller au plus profond de soi-même. Si les cinéastes ne respectent pas cela, c’est que leur arrogance dépasse leur charisme».
Russell Crowe
L'intensité de caractère de Russell Crowe fait partie intégrante de son éthique professionnelle. Cependant, bon nombre de ses réalisateurs prennent sa défense. Dans une interview accordée à Variety en 2010, Curtis Hanson, qui a dirigé l’acteur dans «L.A. Confidential», a abordé la question de son attitude perçue et l’a réfutée : «Russell a la réputation d’être difficile, mais je pense qu’il est difficile à vivre seulement lorsqu’il ne fait pas confiance aux personnes à qui il fait face».
Dans une interview accordée à Entertainement Weekly en 2002, la montagne de muscles du film «Gladiator» a déclaré que sa réputation avait été «principalement forgée par des gens qui manquent de confiance en eux et qui trouvaient [ses] questions menaçantes». Des années plus tard, dans une interview toute en franchise accordée à GQ, Russell Crowe avait admis être parfois, selon ses propres mots, «un c**».
«J’ai une put*** de tonne de regrets», a-t-il déclaré sans détour. «Des mots prononcés sous le coup de la colère, une réaction excessive, une occasion manquée de nouer une amitié — plein de choses comme ça. Mais c’est relatif, car j’ai aussi fait plein de trucs vraiment cool. Mes regrets sont, d’une certaine manière, des médailles d’honneur. Avoir la capacité de faire cette introspection et de se dire : “Tu sais, l’autre jour, t’étais un vrai connard, mec. Fais de ton mieux pour devenir une meilleure personne”», avait confié l'acteur.
Nicolas Cage
Même une célébrité aussi appréciée que l'azimuté Nicolas Cage peut, en jetant un regard rétrospectif sur sa longue carrière, reconnaître avoir commis quelques faux pas. Dans un portrait publié en 1999 dans le magazine Rolling Stone, l'acteur avait admis que, sur le tournage du film de son oncle Francis Ford Coppola, «Cotton Club», il avait été un véritable cauchemar. Interprétant un tueur dérangé, Nicolas Cage s’était entièrement glissé dans la peau de son personnage et, impatient entre les prises, «tenait des propos grossiers et, un jour de folie, a saccagé sa loge».
Après cet incident, l'exubérant comédien avait déclaré : «À Manhattan, mon nom était vraiment traîné dans la boue. Je m’étais forgé une petite réputation sur ce plateau, en essayant de vivre mon rôle. Il m’a fallu des années pour en arriver à un point où les New-Yorkais de l’industrie cinématographique acceptaient à nouveau de travailler avec moi. Je dois dire que mon oncle et mon père se sont montrés incroyablement patients face à mes frasques en tant qu’acteur», a confié celui qui avait tourné devant les plus grands réalisateurs, à l'instar de Martin Scorsese ou Ridley Scott.
Des incartades qui se sont néanmoins poursuivies sur le tournage du film de Francis Ford Coppola «Peggy Sue s’est mariée», dans lequel il partageait l’affiche avec l'actrice Kathleen Turner. Et bien que Nicolas Cage garde un bon souvenir de sa collaboration avec la comédienne, celle-ci avait une bien autre perception de leur relation. «Il était très difficile à vivre sur le plateau. De mon point de vue, oui, c’était un vrai connard», avait-t-elle déclaré à Vanity Fair en 2018.
Dustin Hoffman
Au cours de sa carrière longue de plusieurs décennies, Dustin Hoffman s’est forgé la réputation d’être une présence exigeante sur les plateaux de tournage. Accordant une grande importance aux détails, son attitude se traduit par une éthique de travail obsessionnelle, qu'il a d’ailleurs lui-même reconnue dès les années 1970. Dans un portrait publié en 1979 dans le New York Times, le partenaire de Meryl Streep à l'écran dans «Kramer contre Kramer» a évoqué l'étiquette de personnage «difficile à vivre» qu'on lui avait collée sur le front. «Si cela signifie que je ne me plie pas aux règles, alors je suis difficile depuis mes débuts», avait-il déclaré sans détour.
«J’ai été renvoyé d’un cours de théâtre à l’âge de 20 ans parce que j’avais crié sur la professeure lorsqu’elle s’était mise à me parler au milieu d’une scène», avait-il poursuivi. «Je me suis violemment disputé avec Lee Strasberg dès mon premier cours avec lui. J’ai été renvoyé d’une troupe Off-Broadway et j’ai quitté des spectacles. Je ne me suis jamais senti lâche. J’ai toujours eu le sentiment de savoir ce que je faisais. Si un film ne fonctionne pas, l'équipe de tournage dira : “C'est impossible de travailler avec lui”. Si le projet est un succès, le réalisateur pensera : “Si c’est ça qu’on appelle être difficile, je recommence avec lui n’importe quand”», avait conclu l'acteur.