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Hollande et Sarkozy : bataille en plein air à Paris

Duel des meetings Les deux favoris de l'élection présidentielle se sont affrontés dimanche 15 avril par meeting interposé.[KENZO TRIBOUILLARD / THOMAS SAMSON / AFP]

Même jour, même heure, même enjeu. A une semaine du premier tour de la présidentielle, les deux favoris des sondages se sont livré une bataille en plein air, hier après-midi. A quelques kilomètres l’un de l’autre, Nicolas Sarkozy a joué son va-tout place de la Concorde, tandis que François Hollande mobilisait ses partisans sur l’esplanade du château de Vincennes. Chacun a revendiqué plus de 100 000 personnes, une affluence impossible à confirmer, la préfecture de police s’étant refusée à livrer un comptage officiel.

Sarkozy ouvre le bal

Prenant de vitesse son challenger numéro un pour apparaître en direct à la télévision, Nicolas Sarkozy est monté le premier sur scène. Des poids lourds de la majorité comme Jean-François Copé, Alain Juppé ou François Fillon l’avaient précédé. Tous ont ouvert les hostilités, défendant le bilan du chef de l’Etat pour mieux accabler «l’irresponsabilité» des socialistes. Puis le président sortant s’est livré à un discours plus social qu’à l’accoutumée, plaidant notamment pour la généralisation à toute la France du système de la «faillite civile». En vigueur en Alsace, il permet d’effacer les dettes des familles surendettées. Autre nouveauté, le souhait «d’ouvrir le débat» sur le rôle de la Banque centrale européenne, appelée à aider le «soutien de la croissance» des pays membres. «Si l’on ne change pas l’Europe, a déclaré le président, si l’on ne fait pas l’Europe de la production, l’Europe de l’investissement, nous ne pourrons pas avoir la croissance.» Nicolas Sarkozy a conclu ses 35 minutes de discours par ces phrases qu’il répète à chaque meeting depuis le début de la campagne : «Peuple de France, entends mon appel ! Françaises, Français, aidez-moi !»

Hollande est «prêt à présider»

En écho à son principal rival, à qui il a beaucoup répondu durant 50 minutes, François Hollande a appelé ses partisans à «aider la France à se redresser». «Rien ne nous arrêtera», a promis celui qui se dit désormais «prêt à présider». Pour fixer son cap, le socialiste a fait référence à John Kennedy qui, avant son accession à la Maison Blanche, formulait l’ambition d’une «new frontier» dans le programme spatial de son pays. «L’appel que je lance n’est pas seulement le rejet du candidat sortant. Il faut fixer une nouvelle frontière pour une nouvelle France», a souhaité le candidat PS.

Pour l’emporter, le favori des sondages souhaite une large adhésion, dès dimanche prochain. Citant François Mitterrand en 1981, le champion socialiste s’est dit «le seul des candidats de gauche à pouvoir l’emporter». C’est pourquoi il a réactivé la thématique du vote utile, exhortant le peuple de gauche à lui «donner dès le premier tour tous les moyens de gagner la présidentielle».

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