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Le Sénat, maillon faible de la majorité présidentielle

Vue de la coupole du Sénat à Paris[AFP/Archives]

Le Sénat, où la gauche n'a que six voix d'avance sur la droite, va être le maillon faible de la majorité présidentielle avec un groupe communiste en embuscade et des sénateurs qui entendent faire entendre leur voix.

"Le regard va se tourner vers le Sénat car les choses vont être assez compliquées avec l'étroitesse de la majorité", a convenu le président PS du Sénat Jean-Pierre Bel devant quelques journalistes.

"Nous allons devoir travailler dans la concertation, dans le dialogue, dans le respect de chacun", reconnaît aussi le chef de file du groupe socialiste, François Rebsamen.

Les écologistes solidaires

Le groupe UMP compte 132 membres, le PS 130, l'Union centriste et Républicaine (UCR, 31 membres), le groupe Communiste républicain et citoyen (CRC, 21 membres), le groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE, 17 membres dont un à droite), le groupe écologiste (10 sénateurs) et les Non inscrits (7 élus, divers droite).

Le groupe écologiste présidé par le numéro 2 d'EELV, Jean-Vincent Placé, devrait être pleinement solidaire d'un exécutif qui compte deux ministres écologistes.

Les choses seront plus compliquées avec le RDSE à majorité radicaux de gauche même si ces derniers sont associés au gouvernement avec Sylvia Pinel (Artisanat), très proche du sénateur Jean-Michel Baylet. Sa composition est diverse avec, outre le PRG, des ex-PS, le président d'honneur du MRC Jean-Pierre Chevènement ou encore un adhérent de l'UMP, Gilbert Barbier.

"Nous n'aurons pas de problèmes ni avec les radicaux ni avec les écologistes, ils sont au gouvernement et ils défendront les textes avec nous", assure François Rebsamen.

Les communistes, véritables arbitres

Pourtant le président du RDSE, Jacques Mézard, ne mâche pas ses mots: "nous n'entendons pas modifier nos positions notamment sur le nucléaire, les lois mémorielles, la laïcité, le non cumul des mandats".

"Il me paraîtrait excessif qu'un sénateur ne puisse avoir un mandat dans un exécutif local, et si le président veut un texte sur le génocide arménien, nous lui réserverons le même traitement que son prédécesseur", déclare-t-il à l'AFP. "J'ai l'habitude de faire ce que je veux", avertit le sénateur du Cantal qui a vivement combattu le projet de loi pénalisant la négation du génocide arménien, finalement censuré par le Conseil constitutionnel.

"Nous sommes loyaux mais libres", souligne-t-il.

Mais c'est le groupe communiste qui sera le véritable arbitre de la majorité.

"Nous sommes dans la majorité, nous ne nous conduirons pas en opposants au PS mais notre position sera indépendante et constructive", prévient auprès de l'AFP, sa présidente, Nicole Borvo Cohen-Seat. "Le programme du président, pour nous, n'est pas susceptible de résoudre les problèmes du pays, nous essayerons donc favoriser son évolution", ajoute-t-elle.

Elle affirme qu'elle "ne monnayera pas son accord, ni fera de l'obstruction" mais par exemple sur le Traité européen, dit-elle, "il n'y aura peut-être pas de majorité au Sénat".

Quant au chef de file des sénateurs UMP, le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, il juge que "le gouvernement devra négocier en permanence avec le Front de gauche et les Verts", "à moins de marginaliser le Sénat en donnant le dernier mot à l'Assemblée nationale".

"Je lui souhaite donc bien du plaisir quand on connaît les divergences qui les séparent dans la plupart des domaines", ajoute M. Gaudin, interrogé par l'AFP.

C'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot sur les textes mais le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est engagé devant le groupe PS du Sénat à ce que ce droit ne soit utilisé "qu'exceptionnellement".

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