UMP : la "Boîte à Idées" dénonce les "apparatchiks médiatiques"

Portée par un groupe de 50 jeunes militants de l’UMP, la "Boite à idées" est l’un des mouvements candidats au Congrès de l’UMP.[DR]

La course à la présidence de l'UMP entre François Fillon et Jean-François Copé occulte une autre bataille : celle des motions. Pourtant, le 18 novembre prochain, les militants devront départager six courants qui entendent imprimer le leadership idéologique du parti conservateur. 

Emmené par le quatuor Enguerrand Delannoy, Maël de Calan, Pierre-Emmanuel Thiard et Matthieu Schlesinger, les signataires de la motion "La Boîte à idées" s'agacent ainsi des "slogans simplistes" de la Droite Forte, incarnée par Guillaume Peltier, Geoffroy Didier et Camille Bédin. Dans cet entretien, ces trentenaires indiquent qu'on ne peut pas "dire tout et n’importe quoi au motif qu’il faudrait endiguer la montée du FN". 

 

DirectMatin.fr : Alors que vous vous présentez comme la motion "anti-divisions", est ce que dénoncer la "fuite en avant populiste" de la Droite forte n'est pas un moyen de faire parler de vous ?

Maël de Calan : Nous n’avons pas déposé une motion pour « nous compter » ou pour « exister », mais pour nous battre pour des idées. Nous voulons incarner une nouvelle manière de faire de la politique, plus loyale et plus exigeante ; nous voulons préserver l’unité de l’UMP contre la balkanisation ; nous voulons revaloriser l’engagement militant.

La Droite forte est à l’opposé de tout cela : elle agite des problèmes très graves sans apporter la moindre réponse sérieuse. Leurs propositions ne visent qu’à « faire le buzz », elles nous enferment dans un positionnement idéologique caricatural qui nous condamnerait à la défaite. Il nous fallait bien le dire !

 

Vous dénoncez les méthodes de la Droite Forte, mais ne ressemblent-elles pas à celles de Nicolas Sarkozy dont vous vous réclamez aussi ?

Nicolas Sarkozy a brisé les tabous qui étouffaient la France et son économie. S’il polarisait le débat, c’était autour de propositions crédibles qui transformaient le pays. Il ne cherchait pas à faire le buzz en surfant sur les difficultés des Français mais à les régler.

 

Votre charge contre La Droite forte est-elle une façon de vous ranger derrière François Fillon quand on sait que cette motion ne fait pas mystère de son inclinaison vers la droite décomplexée chère à Jean-François Copé.

Notre critique de la Droite forte ne vise qu’elle. Ce qui nous gène dans son positionnement, c’est d’abord qu’on puisse dire tout et n’importe quoi au motif qu’il faudrait « endiguer la montée du FN ». C’est oublier que la montée des extrêmes est avant tout le fruit d’une gigantesque défiance des Français à l’égard de la parole politique. Nous pensons exactement l’inverse : même dans l’opposition, l’UMP a le devoir de ne plus rien promettre qu’elle ne sache mettre en œuvre.

Notre motion ne prendra par ailleurs pas position pour la présidence de l’UMP parce que nos propositions ont vocation à s’appliquer quel que soit le président élu.

 

Vous opposez la campagne de terrain à celle des plateaux TV, n'est-ce pas aussi assez simpliste comme argument ? Revendiquer un ancrage de terrain, est-ce plus populaire comme façon de faire campagne ?

De fait, leur manière de concevoir l’engagement comme une tournée des plateaux de télévision est aux antipodes de la notre, qui sommes enracinés dans nos territoires. Les militants veulent qu’on se batte à leurs côtés sur le terrain pour gagner en 2014. Ils en ont assez des apparatchiks médiatiques qui se construisent une notoriété à coup de petites phrases, et qui abîment l’image de l’UMP sans lui faire gagner une seule voix.

 

Vos propositions pour l'UMP et pour la France sont-elles suffisamment fortes pour séduire un électorat tenté par les extrêmes ?

Nous pensons que notre électorat attend de nous une seule chose, qu’on règle leurs problèmes ! De ce point de vue, nos propositions qui visent à provoquer un choc de compétitivité, à réduire les déficits ou à réformer en profondeur l’école ont une qualité essentielle : elles peuvent être mises en œuvre, et donc être utiles au pays. La montée des extrêmes se nourrit avant tout des espoirs déçus.

 

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