Mariage homo: à Bordeaux, un élu UMP joue la clause de conscience

Hugues Martin, le 1er adjoint au maire de Bordeaux, et Alain Juppé (d), le 6 mai 2013 [Nicolas Tucat / AFP/Archives] Hugues Martin, le 1er adjoint au maire de Bordeaux, et Alain Juppé (d), le 6 mai 2013 [Nicolas Tucat / AFP/Archives]

La possibilité qu'un élu UMP à Bordeaux ne célèbre pas de mariages homosexuels au nom de sa "conscience" a suscité une polémique au sein du conseil municipal, le chef de l'opposition PS Matthieu Rouveyre demandant à Alain Juppé qu'il condamne cette position, sans succès.

"Votre 1er adjoint (Hugues Martin, ndlr) a déclaré qu'il refuserait de marier des personnes homosexuelles. Il entend donc braver la loi au motif que marier des homosexuels heurte sa conscience...", a dit lundi après-midi Matthieu Rouveyre.

"Si demain un de vos élus déclare qu'il n'a rien contre ces gens-là mais qu'il refuse de célébrer un mariage entre deux personnes de couleur noire, vous resterez là encore sans réaction?", a-t-il demandé. L'élu s'adressait au maire, Alain Juppé, lui demandant d'être "ferme" et de condamner les propos d'Hugues Martin.

"Je suis opposé à cette loi, j'en fais une affaire de conscience. Je ne le ferai pas, parce qu'il y a suffisamment d'élus prêts pour cela. En revanche, en tant que responsable de l'État civil, je m'assure pour que les mariages soient tous célébrés également. Dans de bonnes conditions", avait dit à Sud Ouest M. Martin, premier adjoint chargé de l'administration générale.

Le maire n'a pas ouvertement condamné ses propos, laissant selon M. Rouveyre "la porte ouverte" à la clause de conscience.

"Je suis le maire de tous les Bordelais. Mon rôle est d'apaiser et de réconcilier. Je respecte les avis et convictions de chacun comme je condamne avec fermeté toutes formes de violences et de discrimination", a dit M. Juppé. "La loi sera appliquée à Bordeaux dans des conditions de parfaire régularité".

J'appelle à l'unité et au respect mutuel", a-t-il encore dit avant de demander à tous de "cesser d'instrumentaliser ce débat à des fins politiciennes" et aux Bordelais de se "rassembler" pour retrouver l'esprit de la ville, "le bien vivre ensemble et en harmonie".

Alain Juppé a reçu le soutien inopiné d'un élu vert, Pierre Hurmic, et de l'élu communiste Vincent Maurin, qui ont estimé que la "liberté d'expression" d'Hugues Martin devait être respectée, à condition que la mairie de Bordeaux respecte la loi.

"Si on voit que la clause de conscience est relayée par une partie de la gauche, c'est la Berezina", a déclaré mardi à l'AFP Matthieu Rouveyre, estimant que cela équivaudrait à "ne pas appliquer la loi à une catégorie de population pour ce qu'elle est".

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