Le PS en quête d'unité

Le Premier ministre français Manuel Valls parle à la presse à l'université d'été du PS à La Rochelle le 28 août 2014 [Xavier Leoty / AFP]

Le Parti socialiste, en ébullition après la récente crise gouvernementale, tentera de trouver une nouvelle unité ce week-end à La Rochelle.

 

Le rituel est immuable. Entre les tables rondes et les séances plénières, il y aura les bises que l’on claque, la parfaite entente affichée avec ses camarades de parti, les bons mots lâchés devant les caméras et une évaluation discrète des forces en présence.

Mais l’université d’été du PS s’ouvre aujourd’hui à La Rochelle dans un climat plus tendu que jamais, après la crise gouvernementale de ces derniers jours.

 

Le grand écart idéologique

La démission du gouvernement, le week-end dernier, et la composition d’une nouvelle équipe ont accentué une fracture latente entre deux courants au sein de la majorité.

D’un côté, le duo exécutif s’est clairement prononcé pour plus de libéralisme. De l’autre, la «gauche de la gauche», symbolisée par Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, débarqués du gouvernement, réclame la fin des politiques d’austérité. Et vit comme une provocation l’arrivée d’Emmanuel Macron à Bercy et les appels du pied au Medef de Manuel Valls, acclamé par le patronat mercredi.

A La Rochelle, la rencontre des deux camps promet d’être explosive. Si ce n’est pas la première fois que le PS est divisé avant ce rendez-vous annuel, «la situation est particulière, analyse le politologue Gérard Grunberg. La tension idéologique est très forte. Et derrière, c’est la question de la majorité parlementaire qui se pose».

Les «frondeurs», qui s’opposent depuis des mois aux choix économiques gouvernementaux, comptent élever la voix. Ils tiendront demain une réunion publique intitulée «Vive la gauche». Anticipant un engouement certain, ils ont même décidé de changer de salle pour accueillir plus de monde.

Quant aux trois ministres écartés du gouvernement Valls II, ils seront bien présents en Charente-Maritime, même si Aurélie Filippetti sera remplacée par son successeur à la Culture, Fleur Pellerin, pour participer à une séance plénière sur le numérique.

 

A la recherche de l’union

Pour sa première université d’été dans le costume du premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis se veut rassembleur. «Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de dire qu’il y a deux lignes irréconciliables qui s’affrontent», a-t-il déclaré au Monde hier, appelant «tous les socialistes à ne pas surjouer leurs différences». 

Dans la même veine, plus de 200 députés PS ont signé une tribune sur le site internet du quotidien du soir. Ne se disant ni «godillots» ni «déloyaux» mais «assumant» le cap fixé par François Hollande, ils ont enjoint les frondeurs à jouer plus collectif. «Nous voulons réussir ensemble et non perdre les uns contre les autres», ont-ils écrit.

«Pas sûr que cela calme les frondeurs», note cependant Gérard Grunberg, pour qui le plus gros point d’interrogation reste l’accueil de Manuel Valls, attendu dimanche pour le discours de clôture.

 

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