Valls favorable à un changement de nom du PS

Manuel Valls. Le Premier ministre Manuel Valls. [AFP]

Manuel Valls propose, dans un entretien à L'Obs publié mercredi, de "bâtir une maison commune" de "toutes les forces progressistes", sous la forme d'une fédération ou d'un parti commun, face à la "menace d'une droite dure et d'une extrême droite qui progresse".

 

Dans cet entretien à paraître, dont des extraits ont été publiés par l'ex-Nouvel Observateur sur son site internet, Manuel Valls se dit également "pourquoi pas" favorable à un changement de nom du Parti socialiste, une idée qu'il avait portée en 2007 et en 2011 et qui avait suscité d'importants remous dans le parti.

Cette fois encore, cette idée devrait faire parler dans les prochains jours. Déjà, son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis a affirmé en réponse à Manuel Valls que pour sa part il préférait que l'on "garde" le "beau nom" de parti "socialiste".

Mais le Premier ministre répond surtout dans cet dans cet entretien directement à l'appel de Martine Aubry à "réorienter" la politique du gouvernement, qui serait selon lui "un retour en arrière". "Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s'attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. La seule question qui vaille, c'est comment orienter la modernité pour accélérer l'émancipation des individus", déclare le chef du gouvernement dans cet entretien à paraître partiellement publié sur le site internet de l'hebdomadaire.

 

Une gauche "pragmatique, réformiste et républicaine"

"Parce que l'idéologie a conduit à des désastres", le chef du gouvernement y défend une gauche "pragmatique, réformiste et républicaine", mais "qui garde un idéal: l'émancipation de chacun". Quand on lui fait remarquer qu'il n'utilise pas le qualificatif "socialiste" pour définir cette gauche, Manuel Valls insiste: "Je le répète: pragmatique, réformiste et républicaine".

Alors que le Premier ministre reprend l'avertissement lancé cet été que "la gauche, oui, peut mourir" si "elle ne se réinvente pas", il répond à ceux qui l'accusent d'en être "l'assassin". "Quand la gauche se recroqueville sur le passé, sur les totems, elle cesse d'être fidèle à l'idéal du progrès, et donc à elle-même", objecte Manuel Valls.

Quant à ceux qui l'accusent de "trahir" la gauche: "Moi, j'évite l'insulte, la caricature, mais je pense, oui, qu'ils sont dépassés", réplique le Premier ministre.

 

Mélenchon visé

"La gauche qui renonce à réformer, qui choisit de défendre les solutions d'hier plutôt que de résoudre les problèmes d'aujourd'hui, cette gauche-là se trompe de combat. Ce que je reproche à la démarche de Jean-Luc Mélenchon, c'est son manque d'imagination. Aux autres, je demande si laisser filer les déficits et augmenter les impôts, c'est une nouveauté? Non. C'est ce qui a été fait systématiquement depuis quarante ans et cela n'a pas marché!" plaide-t-il.

Concernant Martine Aubry, elle "participe au débat d'idées. Je ne partage pas sa proposition consistant à revenir en arrière et donc à perdre tous les fruits de nos efforts, et ce alors même que les choix que nous avons faits viennent de se mettre en place. Le débat, c'est utile, mais il y a aussi la responsabilité, l'unité et le devoir de cohésion", déclare M. Valls.

 

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