J.-C. Fromantin : "Remodeler le modèle politique"

Jean-Christophe Fromantin à la tribune de l'Assemblée nationale en 2013. Jean-Christophe Fromantin à la tribune de l'Assemblée nationale en 2013. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Revoir le système politique en profondeur. C’est le vœu formulé par l’UDI Jean-Christophe Fromantin dans son livre La France réconciliée, publié mercredi dernier aux éditions de l’Archipel. Dans une interview à Direct Matin, le député-maire de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) se dit convaincu que le monde politique s’est enfermé dans une forme de clivage et d’excès de prudence, au point de ne plus avoir la confiance des Français.

 

Dans votre livre, vous évoquez un modèle politique à bout de souffle. Que proposez-vous ?
 
Dans leur fonctionnement, les partis et les institutions sont devenus trop frileux. Ils n’osent plus proposer des projets globaux ambitieux, préférant conserver leurs électeurs avec quelques éléments de programme. Or l’audace est nécessaire pour donner de l’espérance et de la confiance à la population, afin d’aboutir à une forme de réconciliation entre les Français et la politique. Ce triptyque «réconciliation-audace-espérance» doit être le nouvel algorithme des partis, et de la politique en général.
 
 
Selon vous, les partis politiques ne jouent plus leur rôle ?
 
Non. Et pourtant,  dans la Constitution,  les partis sont le tiers de confiance indispensable entre l’opinion et les institutions. Ils sont devenus des écosystèmes fermés, des écuries électorales pour faire gagner des champions. Il y a peu de place pour le renouvellement.  Il faut les requalifier pour arrêter notamment que les décisions soient prises par des microcosmes parisiens. Je propose que les décisions partent du bas, c’est-à-dire des territoires, de là où les gens vivent, pour redonner de la confiance.
 
 
Cela vaut-il aussi pour les institutions ?
 
C’est effectivement tout notre modèle qui est à bout de souffle. Quand un modèle est obsolète, soit on a le courage d’en changer, soit un tiers le fait à notre place. Ce tiers peut être la population qui en a ras-le-bol, ou l’Europe qui ne veut pas trainer un boulet.
 
 
Faut-il jeter les bases d’une VIe République ?
 
Je ne pense pas, car la Ve République est construite sur un bon modèle, avec un équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le parlement. Mais on l’a complètement dévoyé par des comportements et des ajustements. Il faudrait donner plus de pouvoirs aux territoires, mieux répartir les pouvoirs entre le président de la République et le Premier ministre, réformer le Sénat pour en faire une assemblée des territoires et le fusionner pourquoi pas avec le Conseil économique et social. Il y a toute une série de propositions qui remettraient la Ve République dans son esprit d’équilibre entre et les territoires, l’exécutif et le parlement.
 
 
Est-ce la raison de votre soutien à Hervé Morin au second tour de l’élection du président de l’UDI ?
 
Il m’a rejoint sur le principe fondamental du renouvellement des partis, sur le projet et sur la conviction que l’UDI doit avoir une ambition présidentielle pour réellement inverser la tendance.
 
 
Votre projet d’Exposition universelle est sur les rails…
 
Je suis très heureux car ce projet pour 2025, je l’ai porté et il mobilise aujourd’hui l’Etat, les élus, les entreprises… C’est un marqueur de réconciliation formidablement encourageant pour l’avenir de la France. 
 
 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles