La Rochelle : le PS se penche sur des régionales à hauts risques

La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, et le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadelis, à l'université d'été du PS le 28 aôut 2015 à La Rochelle [MEHDI FEDOUACH / AFP] La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, et le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadelis, à l'université d'été du PS le 28 aôut 2015 à La Rochelle [MEHDI FEDOUACH / AFP]

Les socialistes se penchent samedi à La Rochelle sur les régionales de décembre, à hauts risques pour eux qui ont enchaîné les défaites électorales depuis 2012 et n'ont pu s'allier avec des écologistes eux-mêmes en pleine crise.

 

Une séance plénière de l'université d'été du PS, où Manuel Valls fera samedi son arrivée, réunira en fin de matinée autour notamment du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, plusieurs têtes de liste PS pour les régionales, comme Carole Delga (Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon) et Pierre de Saintignon (Nord-Pas-de-Calais-Picardie).

C'est dans cette dernière région que l'enjeu est particulièrement difficile pour le PS, tout comme en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), en raison des scores locaux du Front national.

Dans le Nord, les militants EELV voteront le 12 septembre sur la stratégie et donc sur l'épineuse question d'une alliance avec un autre parti lors du premier tour des régionales en décembre.

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadelis, à l'université d'été du PS le 28 aôut 2015 à La Rochelle [XAVIER LEOTY / AFP]
Photo
ci-dessus
Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadelis, à l'université d'été du PS le 28 aôut 2015 à La Rochelle
 

 

La question des alliances est d'autant plus sensible dans cette future grande région de six millions d'habitants que le FN pourrait pour la première fois ravir une région française avec la candidature de Marine Le Pen.

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a vivement déploré vendredi que les écologistes envisagent de "faire alliance avec le Parti de gauche" qui estime "maintenant (...) qu'il n'est plus possible d'appeler à voter pour le deuxième tour pour le candidat le mieux placé, quand c'est le candidat socialiste".

Le responsable PS a lancé de nouveau un appel aux écologistes, en pleine tourmente après le départ de deux de leurs responsables parlementaires, Jean-Vincent Placé (Sénat) et François de Rugy (Assemblée nationale), de rejoindre "la belle Alliance" des forces de gauche que Jean-Christophe Cambadélis ambitionne de réunir dans la perspective de 2017.

Dans le même esprit, Christophe Castaner, tête de liste PS pour les régionales Paca, a adressé vendredi à La Rochelle une nouvelle "main tendue" à EELV pour s'allier au premier tour, en proposant aux écologistes la tête de liste dans les Bouches-du-Rhône.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron face au patron du Medef Pierre Gattaz le 27 août 2015 à Jouy-en-Josas [ERIC PIERMONT / AFP]
Photo
ci-dessus
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron face au patron du Medef Pierre Gattaz le 27 août 2015 à Jouy-en-Josas
 

 

L'université d'été du PS a été dominée vendredi par les coups de tonnerre qu'ont constitué les propos très controversés d'Emmanuel Macron, mais aussi la crise à EELV.

Penser que "la France pourrait aller mieux, en travaillant moins, c'était des fausses idées", a lâché le ministre de l'Economie devant le Medef, dans une claire allusion aux 35 heures, même si le ministre a assuré ensuite qu'il n'y faisait pas référence.

 

Convulsions

Ces propos faisaient figure de véritable provocation pour certains, et plusieurs ne cachaient pas leur exaspération.

 

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone à son arrivée à l'université d'été du PS le 28 aôut 2015 à La Rochelle [MEHDI FEDOUACH / AFP]
Photo
ci-dessus
Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone à son arrivée à l'université d'été du PS le 28 aôut 2015 à La Rochelle
 

 

"Nous avons tous intérêt à faire attention à chacune de nos phrases. Que chacun soit responsable de ses mots et de ses actes, pour permettre le rassemblement des socialistes", a glissé le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Quant aux convulsions à EELV, les analyses étaient variées.

Jean-Christophe Cambadélis ne dévie pas de son ambition de rassembler au mieux les forces de gauche pour la présidentielle, s'alarmant de leur "fragmentation".

"Cela fait à peine 24 heures que la rentrée politique s'est opérée, et on voit des éléments centrifuges, d'explosions, de crises, à droite et à gauche, surtout à gauche, et cela traduit un sujet d'identité assez profond mais qu'il ne faut pas régler maintenant, à deux ans des élections présidentielles...", a mis en garde François Kalfon, membre de l'aile gauche du PS et conseiller régional PS Ile-de-France.

"On le sent bien chez les socialistes, a-t-il poursuivi. Il y a Marennes (qui réunissait l'aile gauche du PS près de La Rochelle) d'un côté, le pôle des réformateurs (aile droite) de l'autre et on sent que les points qui rassemblent s'amenuisent à mesure que les vrais sujets de différences identitaires se densifient".

Le parti tentera de se rassembler samedi lors d'une plénière consacrée à la République avec Latifa Ibn Ziaten, mère du premier militaire assassiné à Toulouse par Mohammed Merah en 2012, et Lassana Bathily, manutentionnaire qui a sauvé des otages du jihadiste Amédy Coulibaly au supermarché Hyper Cacher le 9 janvier.

 

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles