Après des régionales sans véritable vainqueur, cap sur la présidentielle

Xavier Bertrand le 13 décembre 2015 à Saint-Quentin [PHILIPPE HUGUEN / AFP] Xavier Bertrand le 13 décembre 2015 à Saint-Quentin [PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Au lendemain de régionales sans vainqueur véritable et marquées par une forte poussée du Front national, même si le parti de Marine Le Pen a échoué dans sa conquête d'une région, chaque camp se projette déjà vers la présidentielle de 2017.

L'heure des comptes a sonné après un second tour marqué par un bond de la participation (58,53% contre 50,08% au premier tour), une victoire des Républicains dans sept régions métropolitaines, des socialistes dans cinq et un FN bredouille mais avec un nouveau score record.

En tête dans six régions après le premier tour, le FN a échoué en duel tant dans le nord, où la présidente du parti Marine Le Pen affrontait Xavier Bertrand (LR), qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), théâtre de la bataille entre sa nièce Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi.

Résultats du 2e tour des régionales [Laurence SAUBADU, Frédéric HUGON / AFP]
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Résultats du 2e tour des régionales

 

Idem en triangulaire, dans le Grand Est pour Florian Philippot et en Bourgogne-Franche-Comté pour Sophie Montel.

Battue largement dans le Nord-Pas-de-Calais où la gauche s'était retirée pour faire barrage à l’extrême droite, Marine Le Pen a lancé en vue de 2017 : «rien ne pourra nous arrêter».

La gauche, qui avait appelé à voter pour la droite dans trois régions où le FN était en bonne position de l'emporter, «n'a pas eu la déroute annoncée», selon la formule du patron du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Alors qu'elle dirigeait la quasi totalité des anciennes régions, elle a remporté 5 des 13 nouvelles, plutôt dans la moitié ouest : Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, et Bretagne, où Jean-Yves Le Drian cumulera la présidence avec son poste de ministre de la Défense. La victoire a été serrée devant la droite en Centre-Val-de-Loire et Bourgogne-Franche-Comté.

La Corse est tombée dans l'escarcelle de l'autonomiste Gilles Simeoni, maire de Bastia.

Valérie Pécresse au soir des régionales le 13 décembre 2015 à Paris  [MIGUEL MEDINA / AFP]
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Valérie Pécresse au soir des régionales le 13 décembre 2015 à Paris

 

S'ils ne réalisent pas de «vague bleue», Les Républicains de Nicolas Sarkozy alliés aux centristes emportent sept régions : Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Paca, Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays-de-la-Loire et Normandie. La droite a aussi conservé la Réunion.

Et la plus belle à son tableau de chasse : l'Ile-de-France, gérée par la gauche depuis dix-sept ans, où Valérie Pécresse a battu de peu son rival socialiste Claude Bartolone (43,8% contre 42,18%, le FN récoltant 14,02%).

Outre-mer, dans les quatre territoires en lice, la Réunion est restée sans surprise à droite, la Guyane ne change pas de mentor DVG tandis que les Antilles, Martinique comme Guadeloupe, ont connu des changements d'ère.

Bureaux politiques des Républicains et du PS ce lundi

Les Républicains réunissent leur bureau politique lundi matin. Le Parti socialiste fera de même pour son bureau national en fin d'après-midi.

A droite comme à gauche, le ton n'est pas à l'euphorie : «succès sans joie» pour le numéro un du PS Jean-Christophe Cambadélis, tandis qu'aux yeux de l'ancien Premier ministre François Fillon «ce sursaut est un réconfort mais il n'efface pas le 6 décembre qui reste le véritable baromètre de l'état du pays».

Jean-Christophe Cambadélis au soir des régionales le 13 décembre 2015 à Paris  [FRANCOIS GUILLOT / AFP]
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Jean-Christophe Cambadélis au soir des régionales le 13 décembre 2015 à Paris

 

«Tout cela nous oblige à entendre davantage les Français, à agir sans relâche, plus vite, pour obtenir plus de résultats», a assuré le Premier ministre Manuel Valls, citant en particulier l'emploi.

Jean-Christophe Cambadélis a demandé à l'exécutif une «inflexion» pour les 18 mois à venir, «contre la précarité et pour l'activité» mais aussi «pour faire barrage aux inégalités».

A droite, Nicolas Sarkozy a promis de prendre en compte «les avertissements» lancés aux régionales et de répondre aux «grandes questions qui angoissent les Français» (Europe, chômage, sécurité...). Dans une mise en garde à «tous les responsables de l'opposition», il a lancé que «l'unité et l'union ne peuvent pas être de circonstance».

A quelques mois de la primaire, certains de ses contestataires n'ont pas tardé à se faire entendre. Pour Bruno Le Maire, les Français attendent «une autre politique» et «des visages nouveaux, y compris à droite». Numéro 2 du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet a de nouveau critiqué le «ni PS ni FN» porté par l'ex-chef de l'Etat.

Quant au FN, son échec à transformer l'essai découle d'une combinaison de facteurs : mode de scrutin, «front républicain», mobilisation des électeurs, mais aussi «plafond de verre» qui l'empêche de gagner des seconds tours, selon les analystes.

«Le plafond de verre n'existe pas» au vu la progression persistante du parti, a lancé Marion Maréchal-Le Pen depuis son QG, où ses partisans criaient à la «manipulation».

 

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