Paris : le top 5 des restos bretons

[SALIOU / BREIZH CAFE]

C’est une histoire qui dure depuis plus d’un siècle. Les Bretons sont arrivés à Paris avec la construction des chemins de fer au XIXe. Ils avaient alors la réputation d’être une main-d’œuvre robuste. Une autre vague massive d’immigration eut lieu après la Seconde Guerre mondiale. Les Bretons débarquèrent par trains entiers à la gare Montparnasse et élurent domicile dans cet arrondissement.

 

Aujourd’hui, les établissements qui proposent un petit bout de Bretagne ont essaimé dans l’ensemble de la capitale, signe d’une intégration réussie. Ils sont des repaires pour les nostalgiques de leur région natale mais aussi pour les ­Bretons de cœur, qui sont légion.

 

Des crêpes : Breizh Café

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«Pas besoin d’avoir du beurre salé dans le sang pour faire sauter de la crêpe authentique.» C’est le message du Breizh Café, enseigne bretonne de restaurants, partie de Cancale, passée par Paris, arrivée jusqu’à Tokyo, et récemment installée à Saint-Malo.

Dans un décor tout en bois brut, sobrement éclairé, la carte originale évoque les envies d’ailleurs de son fondateur, Bertrand Larcher. Un Breton exilé au Japon qui y a monté sa première crêperie avant d’ouvrir ses établissements Breizh.

Rien ici ne porte le kitsch traditionnel des restaurants du genre, si ce n’est la Bretonne coiffée de son bigouden aux couleurs pop. Au menu, pour une quinzaine d’euros, la galette, de la crêpe finement dentelée, garnie de produits frais, préparée à partir de recettes originales, où l’on retrouve pêle-mêle artichauts, œufs de hareng, miel de sapin ou magret de canard.

Histoire de bien mériter son estampille pur jus breton, le restaurant propose également des huîtres de Cancale, le tout arrosé d’une impressionnante sélection de cidres de qualité.

Et si les papilles sont encore en éveil, il reste un détour à faire par l’épicerie Breizh, juste à côté, où s’étalent caramels au beurre salé, galettes et palets, thé japonais au sarrasin, marinades, harengs et cidres…

Breizh Café, 109, rue Vieille-du-Temple (3e).

 

Des fruits de mer : le Crabe Marteau

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Ça sent le frais, le brut, l’algue et l’air marin, mais c’est à deux pas de la place de l’Etoile. Sur de grosses tables en bois usé, tapissé aux couleurs du journal breton par excellence, Ouest France, un petit maillet de bois attend le consommateur. A moins de commander un des poissons frais pêchés du jour, le jeu, ici, c’est de tambouriner sur sa pitance pour en faire sortir la chair.

Le fameux crabe, tourteau ou araignée selon la saison (23 €), accompagné de rates bio et d’une sauce maison, se déguste au marteau. Un bon coup sur les pinces, et le reste se mange avec les doigts. C’est salissant, alors les patrons ont eu l’idée de proposer le bavoir aux clients. Le chef offre même d’expliquer sa technique aux novices.

Le restaurant sert aussi des plats moins compliqués à manger, comme la Saint- Jacques ou les pétoncles de la rade de Brest, arrosés de vins bretons à 2,50 € le verre ou de grands crus. Sans oublier le traditionnel kouign-amann au dessert.

Le Crabe Marteau, 16, rue des Acacias (17e).

 

De la musique : Ton air de Brest

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C’est le dernier bar véritablement breton (tenu par un Brestois) où entendre de la bonne musique dans le 14e. Ici, point de biniou, la programmation est résolument rock et très ouverte à toutes les influences.

Le vendredi soir fait place aux soirées jam où musiciens et chanteurs se retrouvent sur scène pour improviser. Ton Air de Brest est aussi un lieu qui privilégie la convivialité. Le mardi soir est réservé aux soirées quiz où des équipes s’affrontent sur des questions de culture générale.

La Bretagne se retrouve surtout dans les verres. Le bar travaille avec la brasserie Lancelot qui produit des bières artisanales refermentées en fût. A la carte : la Cervoise confectionnée à base de plantes et de miel, le Bonnet rouge aux baies de sureau, dont la couleur évoque la «révolte paysanne». Il y a également la plus classique Duchesse Anne : une blonde à triple fermentation (7,5 euros la pinte). On pourra aussi essayer le mojito breton (9,5 euros): il se démarque de la recette traditionnelle avec une note de chouchen et du cidre qui vient remplacer l’eau gazeuse. 

Ton Air de Brest, 9, rue Maison-Dieu (14e).

 

Des vêtements : Armor-lux

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Caban, duffle-coat, pull marin, ciré, vareuse, mais aussi célèbre marinière… Avant de devenir le symbole made in France arboré par l’ancien ministre Arnaud Montebourg, Armor-Lux reste le fleuron du textile breton.

Reconnue pour sa qualité et son savoir-faire, la marque, née en 1938 à Quimper (Finistère), nourrit son inspiration des couleurs de la mer et des valeurs de la Bretagne pour habiller toute la famille.

Pour la femme, les collections revisitent robe, jupe, parka, polaire, pull, pantalon et tunique… Les hommes y trouveront également leur compte avec différentes gammes de tee-shirt, polo, chemise, pantalon ou costume. Pour les plus petits, les célèbres marinières sont disponibles dès 3 mois. Sans compter les nombreux accessoires, du bonnet rayé aux étoles imprimées. 

Armor-Lux, 16, rue Vavin (6e). 

 

Des produits : Ty miam goz

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La boutique est étroite, des rangées de petits pots s’alignent le long des étagères bardées de drapeaux noir et blanc aux emblèmes celtiques. On croirait le garde-manger d’une mamie bretonne. Ty Miam Goz, contracte miam, pour attirer le chaland, et «mam goz» qui signifie grand-mère en breton.

C’est peut-être l’un des seuls endroits de Paris où trouver des trésors culinaires que le créateur du lieu, Olivier Goasdoué, va chiner d’un bout à l’autre de son pays natal.

Il y a là de quoi se rincer le gosier aux bulles locales de bières qu’on ne trouve qu’en Bretagne, comme la Coreff, un cidre à la châtaigne ou encore du Breizh Cola, alternative à la célèbre boisson gazeuse américaine. On y trouve aussi chouchen, kouign-amann, sablés, foie de lotte et salicorne, cette drôle de plante en forme de cactus, qui pousse dans les marais salants.

Et, spécialité incongrue à qui la légende prête des vertus aphrodisiaques, une mousse de pouce-pied à tartiner, ce crustacé aux allures de griffe de dinosaure. De quoi faire de belles découvertes gustatives pour un prix parfois un peu élevé, que justifient la rareté et la qualité des produits.

Ty Miam Goz, 64, rue d’Orsel (18e).

 
 

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