Alors que plus de 120.000 Français sont touchés par une sclérose en plaques, selon une récente étude suédoise, la forte consommation de poisson ralentirait la progression du handicap.
Un espoir significatif. Une étude suédoise publiée dans le Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry estime qu'une consommation régulière de poisson (maigre ou gras) pourrait significativement ralentir la progression de sclérose en plaques (SEP).
Cette maladie auto-immune chronique affecte le système nerveux central. En France, plus de 120.000 personnes sont touchées par cette pathologie, dont plus de 70% sont des femmes. À ce jour, les traitements ne permettent pas de guérir la sclérose en plaques, mais ils préviennent les récidives des poussées chez les patients qui sont atteints d'une forme récurrente-rémittente (SEP-RR) de la maladie.
Deux fois moins de risque de progression
Des chercheurs du Karolinska Institute de Stockholm (Suède) ont alors suivi, entre 2005 et 2015, 2.719 patients nouvellement diagnostiqués, âgés en moyenne de 38 ans.
Les résultats sont impressionnants : les participants consommant le plus de poisson au moment du diagnostic (de 2 à 6 fois par semaine) présentaient un risque réduit de 44% de voir leur handicap s’aggraver. Plus précisément, ils présentaient 45% de risques en moins d’atteindre le niveau 3 sur l’échelle EDSS (Expanded Disability Status Scale), l’échelle la plus communément utilisée pour évaluer l’incapacité dans la sclérose en plaques.
D'après les chercheurs, les propriétés anti-inflammatoires et neuroprotectrices des nutriments, tels que les oméga-3 présents dans les poissons gras, favoriseraient la réparation des gaines de myéline endommagées, essentielles pour une transmission nerveuse efficace.
La taurine, un acide aminé que l'on retrouve en grande quantité dans le poisson, serait elle aussi bénéfique. «La taurine est l’acide aminé libre le plus abondant dans le cerveau», ont-ils expliqué. «Elle possède diverses fonctions cellulaires, notamment des actions cytoprotectrices par le biais d’effets antioxydants et anti-inflammatoires, ce qui en fait un agent thérapeutique potentiel pour les troubles neurologiques.»