Dans un dossier publié ce mardi 2 octobre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail a demandé de réduire l'utilisation d'octocrylène, une molécule utilisée comme filtre solaire dans de nombreux produits cosmétiques.
L'industrie cosmétique de nouveau visée. L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a publié un avis, ce mardi 2 octobre, sur la molécule «Octocrylène», notamment utilisée pour ses propriétés de filtre UV dans les produits solaires, mais aussi comme agent stabilisant dans les parfums, le maquillage et les crèmes de jour.
Cette étude, réalisée sur plus d'une décennie, est formelle : l'octocrylène a un impact environnemental important, ainsi qu’un impact sur la santé de l'Homme. Ainsi, l'Anses demande aux industries de la cosmétique de réduire drastiquement son utilisation.
Des dangers pour l'Homme et l'environnement
«La dispersion de l'octocrylène dans l'environnement entraîne des risques inacceptables pour les organismes aquatiques, y compris les organismes associés aux sédiments, et pour les organismes terrestres», détaille l'étude. En effet, la molécule contamine les écosystèmes aquatiques lorsque l'Homme s'y baigne directement ou via les douches et le système des eaux usées. Cela représente un risque direct pour l'ensemble des espèces aquatiques sur leur reproduction et leur croissance.
Dans l'organisme, l'octocrylène n'est pas sans danger. L'évaluation a déterminé que la molécule était nocive pour la santé humaine à cause d'une potentielle toxicité pour la thyroïde, une suspicion de toxicité pour la reproduction, ainsi que des perturbations endocriniennes.
«Il a ainsi été conclu qu'une restriction serait la mesure la plus appropriée à l'échelle de l'UE afin de gérer le risque pour l'environnement résultant des usages dispersifs de l'octocrylène dans les produits finis cosmétiques», a estimé l'avis.
Une solution à court terme envisagée
L'Anses a ainsi analysé les impacts socio-économiques de cette restriction proposée à deux échelles, sur une période de transition de 2 ans et de 5 ans.
Ainsi, l'instance estime un coût total de reformulation à hauteur de 111 millions d'euros, dont 109 pour les produits de protection solaire. S'ajoute à cela le coût des matières premières, évalué à 242,47 millions d'euros. Le coût total de cette restriction, sur une période de transition de 2 ans, s'élève à près de 254 millions d'euros pour l'industrie de la cosmétique.
En revanche, pour une transition sur 5 ans, les coûts de reformulation se réduisent et s'élèveraient à 20.97 millions d'euros, avec un coût des matières premières à 144.77 millions d'euros, soit un total de 165.74 millions d'euros.
Pour le consommateur, les produits cosmétiques touchés par cette restriction seraient minimes. En effet, le coût-formule d'un produit vendu en France ne représente que 7 à 14 % du prix d’un produit. Cette restriction aurait donc peu d'impact sur les consommateurs et l'accessibilité aux produits solaires.