Les syndicats des salariés de laboratoires de biologie médicale ont lancé un appel à la grève générale à partir du 4 mai. En cause : l'absence de revalorisation salariale depuis plus d'un an et une dégradation continue des conditions de travail.
Un secteur sous pression et des patients dans l'incertitude. Si vous avez des prises de sang ou des analyses programmées début mai, mieux vaut anticiper. Les organisations syndicales représentatives des salariés des laboratoires de biologie médicale de ville ont officiellement lancé, mercredi 15 avril, un appel à un mouvement de grève générale sur l'ensemble du territoire à compter du 4 mai. Le motif est dû aux salaires planchers et aux conditions de travail qui se dégradent d'année en année.
La fédération nationale des industries chimiques CGT tire la sonnette d'alarme. Trois quarts des salariés, des agents d'entretien, des coursiers, des agents d'accueil, des assistants administratifs seraient actuellement rémunérés au Smic ou à peine au-dessus. Aucune revalorisation salariale n'aurait été accordée depuis janvier 2024.
La financiarisation du secteur pointée du doigt
Derrière ce malaise social, les syndicats désignent un responsable structurel qui est la concentration massive du secteur au profit de grands groupes privés comme Biogroup, Eurofins, Cerballiance ou Unilabs. Ces acteurs, adossés à des fonds d'investissement, auraient systématiquement comprimé la masse salariale pour maximiser leurs rendements. Finalement, les charges de travail sont en hausse constante et les mobilités imposées, les suppressions de postes et le management sont sous pression.
Ce mouvement de grève s'inscrit dans un contexte social tendu pour la biologie médicale. À l'automne 2024, ce sont les médecins biologistes eux-mêmes qui avaient débrayé, protestant contre des baisses de tarifs décidées par l'Assurance maladie. Un accord avait finalement stabilisé les tarifs pour 2025 et 2026. Mais pour les salariés du bas de l'échelle, rien n'a suivi.